Rechercher Newsletter  - Qui sommes-nous ? - Espace Presse - FAQ - Contacts - Liens -   - Bookmark and Share

 

mise à jour

6 janvier 2014

Editorial

Brèves

Numéro du mois

Agenda

Critiques CDs

Critiques concerts

Interviews

Chroniques 

Tribune

Articles & Essais

Documents

Partitions

Bibliographie

Glossaire

Quizz

 

 

Chronique Concert

"Le violon virtuose "

Sébastien Bouveyron

 

 

Sébastien Bouveyron - D.R.

 

"Le violon virtuose" : récital commenté

 

Arcangelo Corelli (153 - 1713)

Première sonate en ré majeur (Grave/ Allegro/ Adagio/ Grave/ Allegro/ Adagio ; Allegro/ Adagio/ Arpeggio ; Allegro/ Adagio ; Allegro)

 

Johann Sebastian Bach (1685 - 1750)

Sonate en do majeur BWV 1005 (Adagio ; Fuga ; Largo ; Allegro assai)

 

Nicolo Paganini (1782 - 1840)

17ème Caprice

 

Eugène Ysaye (1858 - 1931)

Troisième sonate pour violon seul, Ballade (Lento molto sostenuto (in modo di recitativo), Molto moderato quasi lento ; Allegro in tempo giusto e con bravura ; Tempo poco più vivo e ben marcato ; Più mosso/ poco a poco slargando/ vivo)

 

Sébastien Bouveyron, violon moderne

 

1er septembre 2012, 17h, église de Froville-la-Romane, dans le cadre du XVème Festival de musique sacrée et baroque de Froville

horizontal rule

Le violon solo, de l'ère baroque au XXème siècle

C'est un parti un peu audacieux et décalé qu'avaient pris ce samedi premier septembre Sébastien Bouveyron et le Festival de Froville (dans sa quinzième édition déjà !), celui de retracer en un concert l'histoire des morceaux pour violon solo, de ses origines (au XVIIème siècle) à l'époque contemporaine. Il est à souligner que cette initiative s'inscrit parfaitement dans une orientation du Festival datant de maintenant plusieurs années, consistant à familiariser davantage le public avec le répertoire, à travers notamment des concerts spécifiques pour faire découvrir les richesses musicales baroques aux jeunes enfants, aux publics défavorisés, et l'organisation d'un concours de chant annuel destiné aux jeunes interprètes.

C'est donc d'une oreille plutôt curieuse que nous avons abordé ce concert, largement orienté vers le répertoire baroque mais comportant également un Caprice de Paganini et une incursion dans les compositions du XXème siècle... D'une voix assurée, remplie d'empathie envers le public, et dans des termes parfaitement intelligibles au profane, Sébastien Bouveyron nous explique en quelques mots l'évolution des principes qui guident la composition des pièces pour violon solo. Avec Corelli brille un chant à l'accompagnement soigné, qui régira longtemps l'école italienne et ses émules européennes. A l'inverse Bach, habitué à l'écriture contrapuntique, réussira le tour de force de développer pour l'instrument solo de véritables compositions polyphoniques. Avec Paganini, le retour au chant accompagné permet de mettre en valeur la prouesse technique et instrumentale, qui aura à l'époque tant de succès auprès du grand public, mais dont la grande qualité musicale ne doit pas être méconnue, avec le développement des harmoniques artificiels jusque-là inconnus ou peu utilisés, d'une grande difficulté d'exécution.

Vue de Froville © The Orpheon Foundation, 2005

Au XXème siècle, les compositeurs utiliseront de nouvelles possibilités du violon, comme celle de reproduire les quarts de ton, pour s'échapper de la musique tonale. Ysaye invente de nouveaux doigtés, soigneusement consignés dans ses partitions, pour composer une musique dense et expressive. Entre les pièces principales du programme, les commentaires intelligents aussitôt assortis de démonstrations sonores nous aident à comprendre les apports de chaque époque au répertoire pour violon solo. Il convient encore une fois de souligner la richesse de cette approche pour le spectateur, et de louer cette initiative en regrettant qu'elle ne soit pas davantage partagée...

Que dire de l'exécution ? Je ne vous étonnerai pas en vous déclarant que nos esgourdes musicales étaient à la fête grâce à la virtuosité de Sébastien Bouveyron. La sonate de Corelli brilla par la richesse des sonorités, à la fois moelleuses et incisives, tout particulièrement l'Arpeggio ascensionnel, le dernier Adagio charriant voluptueusement ses sonorités et l'Allegro final presque obsessionnel. Celle de Bach s'ouvrit sur un Adagio obstiné, d'une rigueur mathématique (d'où était cependant exclue toute sécheresse), pour faire place à une Fugue endiablée, où l'archet virevoltant avec aisance du soliste déclencha (contre l'usage !) des applaudissements enthousiastes des spectateurs, avant la reprise du Largo majestueux, pour s'achever sur un Allegro volubile.

Dans la continuité de cette veine, le redoutable 17ème Caprice de Paganini fut exécuté impeccablement, et avec beaucoup d'expressivité. Et je dois vous confier que la sonate d'Ysaye, ballade plutôt mystique impressionnante de virtuosité, n'a pas vraiment écorché mes oreilles baroques. Mais il est vrai que ce compositeur belge du XXème siècle avait conçu sa composition en hommage aux Six sonates et partitas de Bach : l'histoire musicale aussi est un éternel recommencement !

Retour au répertoire baroque pour le bis, motivé par de nombreux rappels, avec la formidable chacone de la Partita en ré mineur de Bach, ciselée par l'archet virtuose de Sébastien Bouveyron, qui combla largement le public de cet inoubliable concert commenté.

Bruno Maury

Site officiel du Festival de Froville : www.froville.com

 

 

 

Affichage recommandé : 1280 x 800

Muse Baroque, le magazine de la musique baroque

tous droits réservés, 2003-2014