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20 janvier 2014

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Editorial de Juillet-Août 2009 - Découvrez aussi la Muse du mois !

Détours de mélomane

 

Cadre armorié du XVIIème siècle, probablement italien © Muse Baroque, 2007

 

 

Voici venir l'été avec ses festivals pour certains, ses cures baroques pour d'autres... De notes échappées des voûtes d'une petite église oubliée aux palais alanguis abritant quelques accords le temps d'une canicule, nous vous souhaitons une belle saison riche en découvertes musicales, où tous les chemins mènent au tempérament inégal, aux cordes en boyau et aux luths théorbés. Et pour vous accompagner dans le repos estival, Muse Baroque poursuivra inlassablement ses coups de cœurs attendris, ses coups de gueules excessifs et ses divagations musicologiques tout au long d'un numéro double, actualisé en permanence, entre un deux cocktails servis au bord de notre luxueuse résidence aimablement sponsorisée par les artistes et leurs maisons de production afin de garantir notre impartialité (hélas, ce n'est guère la réalité, et nous envisagerons un jour de lancer un grand emprunt Muse Baroque qui concurrencera celui de Bercy).

 

En guise de menuet, nous vous proposons en exclusivité le roman-feuilleton polaresque de l'été, une nouvelle sinueuse au titre d'une trompeuse banalité. L'idée d'un tel exploit littéraire nous a été inspiré par une revue amie - que nous vous recommandons - mais où la prose n'était pas centrée sur notre époque de prédilection. Ce sera ici chose faite, dite et registrée pour des siècles et des siècles. Comme l'écrit si bien Ed McBain dans La dernière Danse : "La ville de ces pages est imaginaire. Les personnes, les lieux sont tous fictifs. Seule la routine policière est basée sur des techniques d'investigation établies." ; et nous espérons par avance la bienveillance indulgente et amusée de nos lecteurs. Accepterez-vous de vous laisser entraîner sur les effrayants chemins de traverse de ces "Détours de mélomane" où les cadavres s'amoncellent sur fond de basse continue et de cuivres qui font couac ?

 

Bonne vacances à tous, et bonne lecture naturellement,

 

 

Viet-Linh Nguyen

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DETOURS DE MELOMANE

 

 

Prologue, qui pour une fois n'est pas à la Gloire du Roi

 

L'attachée de presse du Festival de M**** était aux anges. Appuyée à un pilastre corinthien contre lequel les agressions du temps s'étaient révélées aussi ravageuses que la baguette de Karl Hechter chez Bach, elle laissait échapper de temps à autre des soupirs d'aise, étrangement déversés à contre-mesure. Car ce n'était pas la sublime musique du Couronnement de Poppée dans la mise en scène controversée de David Carlen qui propulsait Isabelle de Lambeaux dans cet état de contentement - et pourtant l'Othon de Philippe Glowban déguisé en mafieux napolitain implorait la pitié du Parrain néronien en robe de chambre à cet instant même - mais la présence du redoutable critique de l'Univers, conjuguée à celle, siège 3E, de son confrère musicologue de l'Université d'Edimbourg et rédacteur occasionnel du très british Garden, Horses, Decoralia & Early Music or Furniture. Ce duo de choc, dont les plumes taillées au sécateur et trempées dans une solution concentrée de H2SO4, faisaient et défaisaient les réputations avec la redoutable rapidité d'un James Bond dégrafant un corsage. Mais si par hasard l'un d'entre eux, dans un moment d'égarement, venait à glisser une petite ligne bien sentie sur la qualité de la programmation ou le chignon de la soprano-vedette Nathalia Reming (Poppée en nuisette se roulant dans une peau de léopard dans une maison bourgeoise de la fin du XIXème), M**** serait hissé en 2 éditions du soir de la décrépitude d'un festival de province sans prétention à un centre balnéaire branché pour mélomane trendy.

 

Et voilà que soudain, alors que l'opéra allait s'achever sur la crépusculaire scène érotique où l'empereur arrachait les bas de la nouvelle maîtresse de Rome avec les dents tout en chantant son "pur ti miro", Nathalia s'effondra, un contre-ut crispé sur les lèvres.

 

 

 

A suivre au long de l'été. Le numéro 1 chez votre marchand de journaux avec en cadeau la cantate "Herz und Mund und Tat und Leben" VWV 147 de Vivaldi par I Furiosi, direction Marcello Lemone (mono 1962) pour 2,99 thalers seulement.

 

Vers le numéro du mois

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