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La destinée tragique de Louis-Gabriel Guillemain (1705-1770) par Thomas Vernet

Publié dans : Documents - Dossiers
10 janvier, 2013

La destinée tragique de Louis-Gabriel Guillemain (1705-1770) 

par Thomas Vernet, musicologue, directeur du Département de Musique ancienne du CRR de Paris

Église Saint-Louis-des-Français à Rome © Muse Baroque

Église Saint-Louis-des-Français à Rome © Muse Baroque

Voici à peine quelques mois, l’Ensemble Aliquando nous livrait un remarquable enregistrement (Muso) qui remettait au goût du jour un compositeur caméléon et prolifique. Le destin tragique de l’homme, le caractère varié et insaisissable de sa production ont éveillé notre curiosité, et Thomas Vernet a bien voulu partager avec nous cet article qui constitue la version développée de la notice du disque.

Tous les droits de reproduction et de réutilisation en sont réservés.

Lorsque l’on parle d’un homme plein de feu, de génie et de vivacité, il faut nommer Mr. Guillemain, ordinaire de la Musique du Roi, c’est, peut-être, le violon le plus rapide et le plus extraordinaire qui se puisse entendre ; sa main est pétillante, il n’y a point de difficultés qui puissent l’arrêter, et lui seul en fait naître dans ses savantes productions qui embarrassent quelque fois ses rivaux. Ce fameux artiste est parmi les grands maîtres un des plus féconds, et l’on convient que ses ouvrages sont remplis des beautés les plus piquantes [1].

Ces lignes de Pierre-Louis Daquin de Château-Lyon (1720-ca.1796) tracent en peu de mots, un portrait sans doute assez juste de la personnalité artistique de Louis-Gabriel Guillemain alors au sommet de sa notoriété. Le caractère ardent et passionné de cet « homme plein de feu » se retrouve en effet dans sa musique, tour à tour élégante, flamboyante et ombrageuse. Son œuvre imposante se compose de dix-huit opus, publiés entre 1734 et 1762. Il est possible de suivre l’ascension du compositeur en parcourant les dédicaces de ses recueils. Ces courtes épîtres, qui sont plus que de simples « exercices de style », éclairent certains événements de la carrière de Guillemain et nous entraînent dans la nébuleuse de ses protecteurs qui, nobles de province ou familiers de Louis XV, lui permirent chacun à sa mesure de se hisser aux sommets du parnasse musical français, sans pourtant le préserver d’une fin tragique.

La route que vous m’ouvrez est épineuse et le jugement du public est à redouter.

En offrant son Premier Livre de Sonates à Violon Seul [2]en 1734, à Jean-François-Gabriel Bénigne de Chartraire (1713-1760), marquis de Bourbonne, le jeune Guillemain entendit rendre hommage à celui qui, le premier avait su reconnaitre et promouvoir ses talents :

La route que vous m’ouvrez est épineuse et le jugement du public est à redouter ; mais votre suffrage Mr., rassure ma timidité, puisqu’il est toujours d’accord avec celui des personnes les plus éclairées ; […] [3].

Magistrat frappé de « mélomanie », le marquis qui fut pourvu de la charge de président à mortier du Parlement de Dijon le 4 août 1735, fréquentait assidûment les spectacles et accueillait des concerts dans son luxueux hôtel particulier de la capitale bourguignonne. Sans doute contribua-t-il également à la création d’une « Académie de Concerts », placée sous la protection de S.A.S. le prince de Condé et à laquelle Guillemain fut attaché dès 1729 [4]. Peut-être celui-ci avait-il eu vent de l’avis de recrutement de plusieurs musiciens paru au début de l’année précédente dans le Mercure de France :

Notre société, tout composée de personnes de mérite et de distinction vous prie d’apprendre aux personnes qui cultivent la musique et qui peuvent nous rendre service qu’on a besoin pour nos concerts d’une belle voix de basse-taille, d’un dessus de violon et d’une chanteuse qui puisse mériter l’approbation d’une personne de bon goût [5].

Quitta-t-il alors sa place de « violon d’accompagnent » à l’Opéra de Lyon pour celle de « dessus de violon » en Bourgogne ? C’est en tout cas ce que laisse entendre ses biographes à la suite de L. Vallas et L. de La Laurencie [6]. Toujours est-il que ses talents devaient être déjà connus et qu’il n’eut guère de mal à surclasser ses collègues Isnard et Lacombe [7]. Mais le marquis de Chartraire ne se contenta pas de lui offrir une place de premier violon, puisqu’il lui permit d’aller se perfectionner à Turin auprès de Giovanni Battista Somis (1686-1763) [8]. Guillemain eut donc tout lieu d’exprimer sa vive reconnaissance à un mécène aussi généreux en lui offrant son premier opus. Les deux hommes nourrirent d’ailleurs l’un pour l’autre un respect réciproque et durable ; le marquis coucha le musicien sur son testament, tandis que celui-ci dédia encore en 1739  son Deuxième Livre de Sonates à Violon seul avec la Basse continue à son premier protecteur. A cette date, Guillemain avait quitté la Bourgogne depuis près de deux ans et avait gagné Paris, où le bruit de ses premiers succès l’avait précédé.

Si un document signale que «le Sr Guillemain [fut] reçu en l’année 1737, musicien ordinaire de la Chapelle et Chambre du Roi [9]», on ne dispose pas de témoignage attestant de sa participation effective à la musique du roi avant le premier semestre 1738 [10]. Sa « main prodigieuse » et son « habileté étonnante [11]» le mirent en rivalité directe avec Jean-Pierre Guignon (1702-1774), entré quelques années plus tôt au service de Louis XV [12]. Les comptes des Menus-Plaisirs, arrêtés en décembre de cette même année, montrent que les deux virtuoses se produisirent à quatre-vingt-seize reprises lors de concerts à la Cour, pour lesquels ils touchèrent chacun 576 livres [13]. Grisé par des débuts aussi prometteurs mais également soucieux de ne pas froisser la bienséance, Guillemain ne manqua pas d’honorer le grand-maître de la Chapelle-Musique [14], Louis-Guy Guérapin, baron de Vauréal (1687-1760), en lui offrant son Œuvre IV dans le courant de l’été 1739 :

C’est des bontés de votre grandeur que je tiens le poste que j’occupe à la Musique du Roy, à quel autre aurais-je pu adresser l’hommage de mes faibles travaux, daignés les recevoir Monseigneur ; je sçais que leur médiocrité ne parait pas les rendre dignes de vous être présentés, aussy ne prends-je la liberté de vous les offrir que comme tribut de la reconnaissance la plus vive dont les bontés de votre grandeur m’ont pénétré et comme un témoignage du profond respect avec lequel je suis de votre grandeur […] le très humble et très obéissant serviteur [15].

Il est difficile de mesurer le degré d’implication du prélat dans la nomination de Guillemain, mais au-delà des flatteries d’usage, cette dédicace témoigne peut-être de l’accueil privilégié qui fut réservé, à Versailles, au musicien fraîchement arrivé de Bourgogne. Sans pouvoir établir des connexions solides entre les trois premiers dédicataires de Guillemain, il n’est peut-être pas anodin de remarquer que chacun entretint un lien plus ou moins étroit avec cette province. Nous avons déjà signalé l’implantation du marquis de Bourbonne à Dijon ; Monseigneur de Vauréal avait reçu le commandement de l’abbaye de Molesme en 1723 [16], quant à Anne-Louis de Thiard (1715-1748), marquis de Bissy, dédicataire du IIe Livre de Sonates à deux violons sans basse [17]il appartenait à une illustre famille bourguignonne, descendante de Ponthus de Thiard. Quoi qu’il en soit, les mélomanes de la Cour, musiciens amateurs pour la plupart, accueillirent l’artiste avec enthousiasme et cherchèrent à faire de lui leur maître de musique pour profiter, au-delà de son enseignement, de la primauté de ses compositions, comme en témoigne la dédicace de l’Œuvre V, au marquis de Bissy :

L’honneur que vous m’avez fait de me choisir parmy tant de personnes illustres pour vous guider dans un art où vous faites tous les jours de nouveaux progrès, m’autorise à prendre la liberté de vous offrir ce second Livre de Sonates à deux violons. Cet ouvrage, Monsieur, que vos ordres ont fait naître ne peut être que bien reçu du public, puisque vous l’avez trouvé quelque fois digne de vos amusements, […] [18].

Ces documents renvoient l’image d’un homme attiré par le luxe – Guillemain nourrit notamment une passion affichée pour les tapisseries – mais totalement incapable de maitriser son économie domestique. Très vite après son installation à l’hôtel de Gamaches à Versailles [19], où il loua un appartement qu’il fit richement meubler et décorer par le propriétaire, le tapissier Dubut ( ?- ?), Guillemain se trouva dans l’incapacité d’honorer ses dettes [20]. Ni les applaudissements, ni la faveur du public et ni même la protection des personnalités influentes ne permirent de relâcher la pression que les créanciers faisaient peser sur le musicien. Le 30 janvier 1752, Guillemain se vit présenter par son logeur un mémoire de 1680 livres, qu’il s’efforça de régler péniblement, à raison de 300 livres en espèces, 103 en marchandises et le reste en billets… Son union en 1757 avec Catherine Langlois (1715-ca.1775) – probablement sa seconde épouse [21] – ne fut en aucun cas un mariage d’argent et n’allégea pas sa situation financière. La jeune mariée fut contrainte de vendre à la criée les meubles qui garnissaient son logement de l’hôtel d’Espagne à Paris et qui ne purent trouver place à Versailles dans l’appartement exigu et déjà fort encombré de son époux [22]. Mais deux ans plus tard, le couple, sans doute dans l’impossibilité d’honorer ses loyers, fut contraint de quitter l’hôtel de Gamaches. Guillemain et sa femme trouvèrent alors asile chez le violoniste V. Bourdon déjà mentionné qui, moyennant 87 livres 10 sols par quartier, leur loua un logement dans sa maison de la rue de la Paroisse pour lequel les quittances ont été conservées jusqu’en 1762 [23]. Celles-ci montrent encore des retards de paiements – d’environ six mois après chaque terme – et voisinent, dans le dossier E. 1189, avec des mémoires relatifs à des livraisons de marchandises diverses (bois, huile, chandelle, perruques, eau-de-vie, etc.), couverts de calculs toujours recommencés, d’établissements d’acomptes et de reports de dettes, témoignant de la détresse financière du couple. C’est un musicien aux abois, aculé à la ruine qui adressa une lettre pathétique probablement à Louis III Phélypeaux, comte de Saint-Florentin (1705-1777), ministre de la Maison du roi et à ce titre en charge d’arrêter les états de paiement des officiers et du personnel de la Chambre :

Monsieur,

Daignez s’il vous plait permettre la liberté que je prens de vous faire ressouvenir d’un mémoire que j’ai eu l’honneur de vous presenter il y a quelques mois, mon état présent semble m’autoriser à une seconde importunitez pour vous suplier très humblement de vouloir bien m’accorder l’honneur de votre puissante protection, endettez de tous les costés, ayant vendus mes meubles qui m’avoient coutez près de 4000 livres dont je n’ay que 800 li pour satisfaire en partie mes créanciers que le retard des payemens m’ont forcez de contracter, je suis réduit au desespoir, sy vous n’avez Monsieur la bontez de me procurer quelque grâce qui puisse m’aider à me tirer d’affaire ; S’il était possible après 25 ans au service le plus exact d’obtenir une aisance de cent louis sur mes appointements, je me trouverais l’homme le plus heureux du monde ; ayant l’honneur d’estre premier violon du roy, je me trouve le plus malheureux de sa musique. Je ne demande ny augmentation ny gratification ; seulement une avance qui puisse me mettre plus a l’aise que je ne suis, ce n’est Monsieur que de vos seules bontées que je puis obtenir la grâce que j’ose vous demander en servant aussi bien que je fais ;et que j’ai toujours fait, et ferai. Serait-il possible que j’eus assez de malheur pour n’être pas secouru dans mon plus profond besoin ; ce n’est donc Monsieur que de vos seules bontées que j’ose espérer le secours ; je recevray avec la soumission la plus respectueuse la grace qu’il vous plaira me faire accorder, dans la situation où sont mes affaires, telle quelle puisse estre, je n’en auray jamais reçu qui me fut plus necessaire qu’à présent. Daignez donc s’il vous plait Monsieur m’honorer de vos bontées et soyez persuadez je vous suplie que je ne demanderais rien sans mes créanciers, trop heureux sy la reconnaisse la plus soumise peut égaler le profond respect avec lequel j’ay l’honneur d’être

Monsieur Votre très humble et très supliant serviteur. Guillemain [24].

Cette lettre n’est pas datée, mais si l’on retient les vingt-cinq années de service auxquelles Guillemain renvoie et que l’on se souvient qu’il entra dans la Musique du roi en 1737, elle pourrait avoir été écrite aux alentours de l’année 1762. A cette époque, le violoniste était pourtant le musicien le mieux payé des symphonistes de la Chapelle, puisqu’il avait reçu en 1760 une somme de 1650 livres, alors que Guignon n’en avait touché que 1350 et qu’en 1762, une gratification de 600 livres lui avait été allouée au titre des comédies et des concerts [25]. Mais dans un autre placet, daté de 1766, adressé au contrôleur général de la Maison du roi, Didier-François René Mesnard (1729-1794), pour quémander une « gratification extraordinaire » de 300 livres, Guillemain reconnaissait avoir contracté une dette s’élevant à 6000 livres, somme qui correspondait à plus du double de ses appointements et gratifications annuels [26].

Sans doute Guillemain finit-il par perdre tout espoir de recouvrer un équilibre financier et au-delà une certaine sérénité, propice à l’exercice de son art [27]. Incapable de trouver une issue à ses maux, torturé par ses constants besoins d’argent, en proie à un certain penchant à la misanthropie et à l’alcoolisme [28], Guillemain fut poussé à un « excès de désespoir [29]», le premier jour d’octobre 1770. Son suicide supposé – on retrouva son corps sans vie percé de quatorze coups de couteau sur la route de Versailles, aux environs de Chaville [30] – constitua l’acte ultime d’une vie marquée par le succès, les applaudissements royaux autant que par le mal de vivre [31].

 

[1] Daquin de Château-Lyon (Pierre-Louis), Le Siècle littéraire de Louis XV, ou Lettres sur les hommes célèbres, Amsterdam, et se trouve à Paris, chez Duchesne, libraire, rue S. Jacques, au-dessous de la fontaine S. Benoît, au Temple du Goût. 1754, 2 parties en 1 volume, p. 136.

[2] Premier Livre /de Sonates / A Violon seul / avec la Basse Continue / composées / Pas M. Guillemain / Dédiées / A Monsieur de Chartraire / De Bourbonne / Gravées par Nicolas Baillieul / Imprimées à Dijon chez F. Desventes par Cl. L’Ercullier / Prix en blanc 12 livres /. Il y a quelqu’unes de ces sonates qui peuvent se jouer sur la flûte traversière /  Se vend à Paris / chez / Mme la Vve Boivin rue Saint-Honoré, à la Règle d’Or. /, le Sr. Leclerc Rue du Roule, à la Croix d’Or. / Avec Privilège du Roy / mdccxxxiv.

[3] Id., « A Monsieur Chartraire, de Bourbonne », n. p. Les biographes de Guillemain s’accordent pour dire qu’il naquit à Paris mais seul le duc de Luynes reconnait au comte Jean-Baptiste de Rochechouart (1682-1747) d’avoir remarqué « [s]es plus heureuses dispositions pour le violon » et de lui avoir fait apprendre l’instrument. On ignore toutefois qui furent ses premiers maîtres ; voir Luynes (Charles-Philippe d’Albert, duc de), Mémoires du duc de Luynesxe « duc de Luynes » sur la Cour de Louis xvxe « Louis xv » (1735-1758), publ. sous le patronage de M. le duc de Luynes par MM. L. Dussieux et Eud. Soulié, Paris, Firmin-Didot frères, 1860-1865, 17 vol., t. ii, p. 109. 

[4] Voir Doussot (Joëlle-Elmyre), Musique et société à Dijon au siècle des Lumières, Paris, H. Champion, 1999, p. 63 et 213-215. Le protecteur de l’Académie était alors Louis IV Henri de Bourbon Condé (162-1740), dit Monsieur le Duc ; voir Hénin (Charles), « De “L’Idée des concerts de province”, d’après le manuscrit de Ducharger, jusqu’à l’invitation de Léopold Mozart à Dijon en 1766 par Louis-Joseph de Condé, gouverneur de Bourgogne », Itinéraires mozartiens en Bourgogne : Actes du colloque de Dijon (1991), sous la dir. de Franis Claudon, Paris, Klincksieck, 1992, p. 94.

[5] Mercure de France, février 1728, « Extrait d’une lettre écrite de Dijon le 6 janvier 1728 au sujet de l’Académie de Musique de cette Ville », p. 364-365.

[6] Voir Vallas (Léon), Un siècle de musique et de théâtre à Lyon 1688-1789, Lyon, P. Masson, 1932, p. 201 et 203 ; La Laurencie (Lionel de), L’école française de violon, 3 vol., Paris, Delagrave, 1923, t. II, p. 2.

[7] Lacombe était protégé par le frère aîné du marquis de Bourbonne, Marc-Antoine Chartraire ( ?- ?), comte de Montigny et trésorier des Etats de Bourgogne ; voir Hénin (Charles), « De “L’Idée des concerts de province” », op. cit., p. 94.

[8] Ibid. ; G.-B. Somis était attaché à la chapelle des ducs de Savoie ; il enseigna à plusieurs violonistes français dont Jean-Marie Leclair (1697-1764) et Jean-Pierre Guignon (1704-1774) ; voir Pougin (Arthur), Le Violon, les violonistes et la musique de violon, Paris, Fischbacher, 1924, p. 91. Les conditions du séjour de Guillemain ne sont malheureusement pas connues. Selon A. Pougin, Guillemain se serait installé à Dijon au retour de son voyage en Italie ; voir id., p. 224. Sans donner davantage de précision, le duc de Luynes  atteste seulement qu’« il a été en Italie, où il a joué avec Somis », Mémoires, op. cit., t. ii, p. 109. 

[9] Arch. nat., O/677; le duc de Luynes situe cette réception en avril 1738, voir Mémoires, op. cit., t. ii, p. 109. 

[10] Durant cette période, Guillemain se produisit au cours de cinq concerts pour lesquels il reçut la même rétribution que Jean-Pierre Guignon (1702-1774), soit 30 livres ; voir Arch. nat., O1/2862, fol° 211-212.

[11] [Ancelet], Observations sur la musique, les musiciens et les instruments, Amsterdam, 1757, p. 15.

[12] Guignon avait été nommé en 1733 musicien de la Chapelle et de la Chambre du roi ; voir La Laurencie (Lionel de), « Un musicien piémontais en France au XVIIIe siècle : Jean-Pierre Guignon, dernier “Roy des violons” », Rivista musicale Italiana, xviii (1911), p. 717.

[13] Voir Arch. nat., O1/2862, fol° 284 ; voir La Laurencie (Lionel de), L’école française de violon , op. cit., p. 4 ; id.« Un musicien piémontais en France au XVIIIe siècle », op. cit., p. 718.

[14] Sur la charge de grand maître de la Chapelle-Musique, voir Maral (Alexandre), La chapelle royale de Versailles sous Louis XIV, Cérémonial, liturgie et musique, Wavre, CMBV, Mardaga, 2002, p. 63 ; Newton (William R.), La petite cour, Services et serviteurs à la Cour de Versailles au XVIIIe siècle, Paris, Fayard, 2006, p. 49-52 ; Beaussant (Philippe), Les plaisirs de Versailles, Théâtre et musique, avec la collaboration de Patricia Bouchenot-Déchin, Paris, Fayard, 1996, p. 95-100.

[15] VI/ Sonates / A deux Violons sans Basse / Composées par M. Guillemain / Ordinaire de al Musique de la Chapelle / ET de la Chambre du Roy / Dédiées / A Monseigneur / De Vauréal / Evêque de Rennes, Grand Maître de la / Chapelle-Musique du Roy / Œuvre VI / Gravé par Labassée,. / A Paris / chez / M. le Clerc le cadet, rue Saint-honoré, à la Ville de Constantinople, près l’Oratoire / Le Sr Leclerc, marchand rue du Roule, à la Croix d’Or / Mme Boivin, marchande, rue Saint-Honoré, à la Règle d’Or. / A.P.D.R/; L.-G. Guérapin de Vauréal était évêque de Rennes depuis 1732.

[16] L’abbaye de Molesme, aujourd’hui désaffectée, est située dans la commune de Molesme dans le département de la Côte-d’Or.

[17] IIe Livre de Sonates / A deux Violons sans Basse / ou deux flûtes traversières / Composées / par M. Guillemain / Ordinaire de la musique de la Chapelle et de la Chambre du Roi / Dédiées à Monsieur le marquis de Bissy / Brigadier des Armées du Roi, Commissaire général de la Cavalerie légère de France / Œuvre Ve / Gravé par Mlle de Caix / Prix 6 livres / A Paris / Chez / Le Clerc, Marchand, rue Saint-Honoré, entre la rue des Prouvaires et la rue Dufour, à Sainte-Cécile / Et aux adresses ordinaires /. Et à Lion, chez / M. Brotonne, marchand, rue Mercière / A.P.D.R.

[18] Ibid., dédicace n. p.  

[19] L’hôtel de Gamaches, était sous Louis XIV, le nom de l’Hôtel de Catinat ;   il était situé au n°28 de l’avenue de Saint-Cloud à Versailles. 

[20] Voir id., « Mémoire du 23 juin 1738, pour M. Guillemain, officier de la musique du Roy, des ouvrages faits et fournis par Dubut, Tapissier à Versailles » ; « Mémoire du même du 23 janvier 1740 ».

[21] Voir id. ; un mémoire contenu dans le même dossier concerne des remèdes fournis à Madame en 1749-1750, s’y trouve également conservée une facture du tonnelier Lhérault sur laquelle est portée la mention suivante : « Madame Guillemain m’a payé le dernier mémoire le deuxième jour de may 1750 ». Nous ignorons l’identité de la première épouse de Guillemain.

[22] Quelques mois après la vente des meubles de sa femme survenue le 28 novembre 1757, dont elle ne retira que la modeste somme de 605 livres, Guillemain acquit le 31 mars suivant, pour 275 livres, un lit et un tableau provenant de la succession du marquis Joachim Rouault de Gamaches (1686-1751) ; voir id., « Procès-verbal de vente du 28 novembre 1757 ».

[23] Voir id., « Quittance de loyer 1759-1762 pour l’appartement occupé chez le Sr. Bourdon de 1759 à 1762 ».

[24] BnF, dép. de la musique, la-Guillemain-Gabriel 1, [Lettre de Guillemain à M. xxx], [s.d.].

[25] Arch. nat. O1/842 ; La Laurencie (Lionel de), L’Ecole française de violon, op. cit., p. 12. 

[26] Arch. départ. Des Yvelines, E. 1189 ; L. de Laurencie reproduit ce document, voir L’Ecole française de violon, op. cit., p. 12-13 ; dans une autre lettre non datée mais sans doute remontant à cette même période, conservée dans ce même dossier, Guillemain demande à ce que l’on retienne sur deux de ses quartiers d’appointements une somme qu’il doit à un certain sieur Berteville.

[27] Pour Jean-Benjamin de La Borde, Guillemain avait « la tête dérangée » ; voir Essai sur la Musique ancienne et moderne, Paris, E. Onfroy, 1780, 4 vols, t. III, p. 518.

 [28] Un mémoire de fourniture d’eau-de-vie s’élevant à 16 livres laisse supposer que Guillemain consomma pas moins de six bouteilles entre le 1er et le 10 septembre 1769 ; voir id

[29] Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des Lettres…, 5 octobre 1770, [éd.] Christophe Cave et Suzanne Cornand, Paris, Honoré Champion, vol. III, p. 1410.

[30] La hâte avec laquelle il fut procédé à l’enterrement de L.-G. Guillemain, le jour même de sa mort, en présence du chanteur Marc-François Bêche (1729-1794?) et du garçon de musique, Jean Bellocq (fl.1763-1792) accrédite l’hypothèse d’une mort délibérée ; voir La Laurencie (Lionel de), L’école française de violon, op. cit., p. 1-2.

[31] Ce n’est que deux ans plus tard que Catherine Langlois entra en jouissance d’une pension de 600 livres qui lui avait été pourtant accordée par les Menus-Plaisirs, « en considération des services de son mari » ; voir Arch. nat. O1/6773 ; le nom de la veuve Guillemain figure sur les états de vétérance de la musique du roi jusqu’en 1779, voir aussi O1/8425.

Thomas Vernet

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