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Campra se retourne dans sa tombe

Muse1
19 juillet, 2007

André CAMPRA (1660-1744)

Requiem

 

English Baroque Soloists, dir. John Eliott Gardiner, 

Erato, coll. Voyage Musical, reed. 2000

John Eliott Gardiner est célèbre pour son affinité avec la musique française. on lui doit notamment les extraordinaires Boréades de Rameau ou encore le remarquable Scylla & Glaucus de Leclair. Mais… que diable était-il allé faire dans cette galère ? Le chef anglais a réussi à transformer une des œuvres les plus touchantes de Campra en bouillie insipide. Sans entrer dans des détails aussi cruels que navrants, remarquons simplement que les tempi sont lents, étirés, usant chaque mesure jusqu’à la trame, tandis que des solistes exécrables contribuent à faire de cet enregistrement un échec monumental. Rarement on aura vu un orchestre aussi inconsistant, rarement les chanteurs et choristes auront atteint ce niveau de nullité et d’indigence. On frise le néant, on frôle la catastrophe, on s’effondre dans l’abîme. Effectivement, c’est un Requiem dont le grand motet ne se remettra pas de sitôt. Les amateurs de ce grand motet pastel, proche du langage de l’opéra se tourneront plutôt vers Hervé Niquet, à la tête du Concert Spirituel (Accord) ou vers la ferveur d’Herreweghe plus onctueuse (Harmonia Mundi). On évitera en revanche une assez récente gravure de William Christie (Virgin) étonnamment insatisfaisante.

Katarina Privlova

Technique : Bon enregistrement. Aucune remarque particulière.