Close

A la recherche du fil d’Ariane (Canti d’amor, Monteverdi, Athénée-Louis Jouvet, 26/09/2014)

Publié dans : Concerts - Critiques
13 octobre, 2014

Canti d’amor de Claudio Monteverdi

Ensemble des jeunes du Muziektheater Transparant,
Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet

 

canti_amor

© Mirjam Devriendt

 

Ensemble des jeunes du Muziektheater Transparant
Naomi Beeldens, Seie Goris, Sarah Magerman, Camila Mandillo Ropert, Esther-Elisabeth Rispens, sopranos
Gema Hernandez Garcia, Laurène Huet, mezzo-sopranos
Antoine de Bie, contre-ténor
Mathis van Cleynenbreughel, Stijn Ritzen, Emmanuelvan der Beek, ténors
Adam Gouldin, William Jones, Léonard Schneider, Nathan Tax, barytons

Nicolas Achten, direction musicale
Wouter van Looy, mise en scène
Pepa Ivanova, scénographie

Vendredi 26 septembre 2014 – Athénée Louis-Jouvet

Des madrigaux de Monteverdi abordés par le metteur en scène iconoclaste Wouter van Looy. La soirée promettait d’être originale. S’il n’est pas le premier à se servir des madrigaux de Monteverdi pour en faire un spectacle -  le chorégraphe Jiri Kylian crée Doux mensonges en 1999 en se servant de plusieurs madrigaux dont ceux de Monteverdi, tout comme la même année Marc Minkowski à Aix-en-Provence – Wouter van Looy innove en imposant le livret d’Arianna, deuxième opéra du compositeur, comme trame à ce spectacle. Il ne reste en effet de cet opéra que le magnifique Lamento d’Ariane abandonnée par Thésée. La diversité des madrigaux de Monteverdi ne rend pas la tâche aisée. Outre le fait que le madrigal soit une des formes les plus importantes de musique profane de la Renaissance, il évolue aussi en fonction de la maturité des artistes. Du premier Livre de polyphonies à cinq voix écrit par un jeune homme au huitième publié cinq ans avant sa mort, les styles évoluent de la polyphonie à la monodie et à la naissance de l’opéra.  

La mise en scène mêle vidéo, jeu de lumières et références aux années 1970 ainsi que des clins d’œil à l’Antiquité comme les ballons roses (anachronisme s’il en est) qui recouvrent la robe d’Ariane, semblable à une déesse païenne de l’Antiquité. Le caractère intemporel de l’amour exprimé par les jeunes chanteurs de la compagnie – âgés de 15 à 25 ans- est malheureusement contrebalancé par des costumes et des coiffures très datés années 1970.

Les musiciens de l’Ensemble du Muziektheater Transparant livrent, sous la baguette de Nicolas Achten, une interprétation sensible des jeux amoureux. Ils respectent les voix, et après un début parfois hésitant, trouvent une unité qui rend avec justesse la pureté des madrigaux.

Sur scène, le spectacle est moins convaincant. Les « micro opéras » ne sont pas toujours lisibles et le caractère cabotin de certains chanteurs peut exaspérer. Les voix, elles, maitrisent parfaitement les contraintes du madrigal : bonne tenue des basses, justesse des contrastes, diction impeccable des poèmes,  expression des différents sentiments de la palette amoureuse. Le contraste des décors et costumes n’en est, hélas, que plus frappant.

 

Anne-Laure Faubert