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Contemplatif et ciselé

Muse4
18 octobre, 2005

Heinrich SCHÜTZ (1585-1671)

Symphonia Sacrae opus 10 


Emma Kirkby (soprano), James Bowman (alto), Nigel Rogers (ténor) et alii

The Purcell Quartet

2 CDs, Chandos, enr. 1993.

Publié en 1647, l’opus 10 est le deuxième volume des Symphonies sacrées de Schütz, recueil de concerts sacrés pour petits effectifs. Les ravages de la Guerre de Trente Ans ne sont d’ailleurs pas étrangers à l’abandon de projets trop ambitieux impliquant une polyphonie chorale avec des effectifs fournis. De plus, depuis les années 1630, la mode italienne privilégiait quelques voix voix virtuoses, des violons obligato, et une basse continue. L’opus 10 de Schütz représente ainsi une tentative d’importer le style vénitien dans l’Allemagne d’alors, tout en conservant l’inclination germanique pour les vents (cornets, flûtes,  trombones, bassons, trompettes sont tour à tour requis).

L’interprétation du Purcell Quartet est d’une grande finesse. Les solistes, rompus à ce répertoire, ne sont plus à présenter et l’on admirera la transparence du timbre d’Emma Kirkby, la clarté de James Bowman, et l’agilité de Nigel Rogers. L’orchestre est très fruité, en particulier les flûtes et cordes, le continuo peu imaginatif mais parfaitement en place. Toutefois, ces deux heures trop lisses et trop contemplatives peinent à retenir l’attention de l’auditeur. La faute peut-être à une certaine uniformité de style et de tempo, à une implication dramatique limitée, à la prééminence du beau chant sur toute autre considération. C’est beau, mais Dieu que c’est long !

Sébastien Holzbauer

Technique : Enregistrement très clair, presque un peu trop « brut »