Close

Dear pretty youth…

Museor
11 avril, 2004

Henry PURCELL (1659-1695)

Songs and Airs

Nancy Argenta (soprano), Nigel North, Richard Boothby, Paul Nicholson, John Toll.

Virgin Veritas, coll. x 2, enr. 1994, 1996.

Pour changer un peu des contre-ténors (incontournables Alfred Deller ou Paul Esswood, par exemple), voici un double coffret qui nous propose la réédition économique de nombreuses Chansons de Purcell, et d’extraits de ses musiques de Scène, notamment le lamento de Didon. Hélas, comme c’est le cas dans cette collection, le livret est absent, mais cela n’empêche pas d’admirer le timbre diaphane et cristallin de Nancy Argenta dans l’un de ses enregistrements les plus aboutis. Dès les premières notes du « O Solitude », l’auditeur se trouve comme suspendu à ce chant intemporel, flottant, terriblement poignant et naturel. L’accompagnement complice et discret de Nigel North (étonnamment austère dès qu’il s’éloigne d’Andrew Manze) souligne le phrasé de quelques accords bien sentis. En moins de 2 minutes, on sait que l’on a affaire à un grand disque. Et cette première impression ne fait que se renforcer au fur et à mesure d’un voyage musical alternant tristesse, ferveur, et joie, et qui se conclut, pour chacun des CDs par la noirceur du désespoir : une reprise de « O Solitude » avec un accompagnement à la viole, et le célèbre « Thy hand, Belinda » de Didon et Enée. Inutile d’en écrire plus, quand l’artiste est aussi éloquente. En un mot, c’est aussi beau que déprimant.

Alexandre Barrère

Technique : excellente captation, très texturée