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Enfin une version à emporter sur l’île déserte !!!

Museor
6 avril, 2007

Giovanni Battista PERGOLESI (1710-1736) 

Stabat Mater

Véronique Gens (soprano), Gérard Lesne (contre-ténor),
Il Seminario Musicale, dir. Gérard Lesne,

Virgin Veritas, 1997.

L’œuvre déchaînait déjà l’enthousiasme dès le XVIIIème siècle en raison de la mort précoce de son auteur. Composé à la demande du Duc de Maddaloni, le légendaire Stabat Mater devait remplacer celui de Scarlatti en l’église Santa Maria dei Sette Dolori, à Naples. Il en conservait l’effectif : soprano, contralto, cordes et basses continue. Pergolesi acheva dans cette oeuvre la réunion du style antico et du stile moderno, juxtaposant ou fusionnant tour à tour archaïsme et modernité. 

Il semblerait qu’on ait enfin trouvé LA version du Stabat Mater de Pergolèse.  Gérard Lesne et Véronique Gens chantent avec souplesse, grâce et émotion. On pourra certes reprocher au premier de s’être fait passer pour un contralto (c’est un contre-ténor falsettiste), de posséder des graves peu profonds. Quant à Véronique Gens, ses aigus restent un peu fêlés. Qu’importe, leur inspiration et leur force de conviction font vite oublier ces réserves techniques, d’autant que les musiciens d’ Il Seminario Musicale soutiennent la démonstration de bout en bout en jouant de façon exemplaire. Le son est grainé, charnu, riche. Les violons sont déchirants sans être trop stridents (cf. Rinaldo Alessandrini) et le continuo est de grande classe, avec un orgue et un clavecin à la fois. On louera encore une fois le jeu vif, dynamique et sans excès de l’ensemble qui a su réaliser une sonorité typiquement italienne sans sacrifier justesse et sens de la mesure (métronomique). En un mot comme en cent : magnifique.

Viet-Linh Nguyen


Technique
Belle réverbération, sans excès. Instruments captés de près, notamment le théorbe, respect des coloris et des timbres.

Autres enregistrements : Une pléthore !!! Sur instruments modernes, le légendaire duo T. Berganza, M. Freni (Archiv) qui tient la route seulement grâce aux deux solistes, malgré un vibrato trop présent ; Rinaldo Alessandrini (Opus 111) pour une version très italienne avec de nombreux ornements et des violons suraïgus ; Barbara Bonney (peu à l’aise) et Andreas Scholl aux côtés de Christophe Rousset (Decca) trop sage et un peu décevant… Eviter le catastrophique Harnoncourt et l’édulcoré King’s.