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Entretien avec Julien Chauvin, violoniste

Publié dans : Dossiers - Interviews
12 mai, 2009

Entretien avec Julien Chauvin, premier violon du Cercle de l’Harmonie

Julien Chauvin © Alix Laveau

“Dans les grandes familles, dans les dynasties il y a souvent la figure paternelle qui domine” 

Le Cercle de l’Harmonie est dirigé en binôme, et pour ce dernier né des ensembles baroques l’avenir est fulgurant. Quelques minutes après avoir goûté sa fastueuse prestation dans le Concerto pour violon et cordes de Haydn lors du concert d’ouverture du Printemps des Arts Julien Chauvin, le premier complice de Jeremie Rhorer, nous accorde un court entretien après le récital « L’art des Castrats du Baroque au Classicisme » qui ouvrit l’édition 2009 du Printemps des Arts de Nantes…

Muse Baroque: Passionné par les musiques baroques et classiques et interprète d’un répertoire très large, faites-vous un lien entre le baroque et le contemporain?

Julien Chauvin : C’est un lien qui s’est fait à l’époque où j’étais encore étudiant et c’est une période pendant laquelle j’ai beaucoup travaillé avec des compositeurs contemporains tels que Kurtag, Thierry Escaich, Steve Reich, pas mal d’auteurs contemporains comme ceux-ci, parce que j’avais  vraiment une fascination par les informations et le savoir qu’on a quand on parle avec un compositeur qui nous parle de son œuvre, comment jouer son œuvre et c’est toute la frustration qu’on peut avoir dans les recherches qu’on fait perpétuellement pour toutes les œuvres des périodes baroque, classique et même romantique en réalité. Parce qu’il faut toujours faire une recherche pour l’interprétation et là pour moi est le lien. Au moins pour un répertoire on a les clefs, les clefs de l’interprétation.

MB: Pour le récital de ce soir, croyez-vous que Johann Christian Bach devrait être plus connu?

J.C : Absolument. Dans les grandes familles, dans les dynasties il y a toujours la figure, souvent paternelle qui domine. Pour Bach c’est quand même très compliqué, il a eu 19 enfants, certains étaient musiciens, Carl Philip peut être a été plus connu, Johann Christoph Friedrich très peu, on connait Johann Christian de Londres. Je pense qu’il est souvent évincé de l’histoire à cause de Mozart et de sa relation. Et c’est extrêmement intéressant pour construire notre interprétation de la musique classique de connaître les liens entre Mozart et Johann Christian.

MB: Et justement je pense a la vie plus personnelle de Johann Christian Bach qui a eu une relation très complice en matière de travail musical avec Carl Friedrich Abel à Londres. Est-ce qu’on peut parler d’une telle complicité entre vous et Jeremie Rhorer dans l’orchestre?

J.C : Oui, tous les deux on avait une envie commune d’allier un rêve d’interprétation de cette période en particulier de la musique, la période classique. Parce que moi j’ai étudié en Hollande pendant cinq années avec les maitres de cette approche de la musique classique, et quand je suis revenu de mes études j’avais vraiment envie de mettre à profit l’apprentissage que j’ai eu. C’est vraiment notre période, avec Jeremie, de prédilection.

MB: En tous cas c’est très réussi! Vous avez ressuscité avec Jeremie Rhorer des pages remarquables de Dalayrac, des superbes Bayadères de Charles Catel, écoutera-t-on l’intégralité de ces  œuvres ou bien ce ne sont que des opéras qui n’ont que quelques airs qui méritent le détour?

J.C : On a un projet d’un opéra de Spontini, on a fait le Fra Diavolo de Auber qui était une très belle production, on va faire un Grétry cette année à l’Opéra Comique L’Amant Jaloux qui n’a jamais été donnée depuis sa création, sauf un vieil enregistrement, en tous cas mis en scène c’est assez rare dans ce genre de productions. On continue d’explorer le répertoire Français.

MB: Vous penchez plus pour le répertoire Français?

J.C : Oui, nos deux axes de travail et de recherche sont sur l’axe Français classique et préromantique jusqu’à Auber et l’axe Viennois Haydn-Mozart-Beethoven.

MB: Avec des compositeurs qui se greffent comme Johann Christian Bach.

J.C : Johann Christian Bach est entre les deux, il est avant tout Allemand.

MB: Merci beaucoup Julien Chauvin, ce fut un plaisir, à bientôt.

J.C : C’est moi qui vous remercie, à bientôt j’espère.

 

Propos recueillis par Pedro Octavio Diaz le 12 mai 2009.