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Rameau mis en Lumières (Bibliothèque de Versailles, 20/09/2014 – 03/01/2015)

1 octobre, 2014

Rameau et son temps – Harmonie et lumières

Exposition du 20 septembre 2014 au 3 janvier 2015
Bibliothèque municipale de Versailles

 

rameau-et-son-temps 

Le week-end dernier, à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, la bibliothèque municipale de Versailles a dévoilé une exposition consacrée au compositeur Jean-Philippe Rameau (1683-1764). Organisée dans le cadre des festivités de l’année Rameau en collaboration avec le Centre de musique baroque de Versailles, cette exposition est la première à ouvrir en cette rentrée, avant celles organisées à Dijon (Archives municipales, du 4 octobre au 23 novembre 2014) et à Paris (bibliothèque-musée de l’Opéra, à partir de décembre 2014). Les commissaires, la directrice du réseau des bibliothèques de Versailles Sophie Danis et son adjoint Christophe Thomet, ont choisi d’évoquer ici la personnalité du musicien en présentant les grandes étapes qui ont jalonnées sa carrière musicale, tout en rappelant le contexte intellectuel et artistique du siècle des Lumières.

Il faut s’éloigner des flux touristiques pour découvrir, à quelques mètres de l’entrée principale du Château de Versailles, l’ancien Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine. Edifié en 1761, ce bâtiment administratif accueille depuis 1803 la bibliothèque de la ville. Au 1er étage, la « galerie des archives », qui a conservé son décor d’origine, est un écrin pour la collection de fonds anciens de la bibliothèque. C’était le lieu idéal, semble-t-il, pour accueillir les documents d’époque, peintures et dessins, instruments de musique, maquettes et costumes en lien avec la vie du grand compositeur du XVIIIème siècle.

L’exposition se déploie sur les cinq salles de la galerie des Affaires étrangères, chacune illustrant une période de la vie de Rameau, de son installation définitive à Paris en 1722 jusqu’à sa mort en 1764, la dernière étant consacrée à la redécouverte du compositeur à partir de la fin du XIXème siècle. Les oeuvres de Rameau ponctuent le parcours : Hippolyte et Aricie, Castor et Pollux, Dardanus, Platée, le Temple de la Gloire, les Boréades… nous préparant à la saison musicale 2014-2015.  Y sont rappelés également les grands débats sur la musique au XVIIIème siècle, avec en particulier la Querelle des Bouffons

(c) Muse Baroque, 2014

(c) Muse Baroque, 2014

Chaque salle/époque est organisée de façon parfaitement équilibrée avec une volonté de varier les types d’objets ou de documents présentés. Ainsi, chaque salle met en lumière un lieu emblématique de la période, de la Foire Saint Germain à l’Opéra royal de Versailles, seul site ayant accueilli une œuvre de Rameau encore existant. Le château de Versailles voisin, justement, est à l’origine de plusieurs prêts remarquables, dont le Portrait dit d’Alexandre Jean-Joseph Le Riche de La Pouplinière (1693-1762), mécène de Rameau, magnifique pastel de Maurice Quentin de La Tour que nous ne nous lassons pas d’admirer. Evoquons une autre œuvre fragile qui quitte rarement son musée d’origine, le clavecin à deux claviers signé « Donzelague à Lyon 1716 » (Lyon, Musée des Tissus et des Arts décoratifs) à l’élaboration duquel Rameau aurait collaboré. N’oublions pas les documents anciens, en particulier l’unique exemplaire du Premier Livre de pièces de  clavecin daté de 1706 (Paris, Bibliothèque nationale de France), et les dessins à la plume pour les costumes et décors d’opéras de Rameau. 

Au fil du parcours, le lien entre passé et présent est maintenu grâce aux costumes d’opéras (Moulins, Centre national du costume de scène) et aux belles marionnettes de Phèdre et Oenone réalisées à Prague pour la parodie d’Hippolyte et Aricie donnée en 2014 sur plusieurs scènes françaises. En fin de parcours, une vidéo faite d’extraits d’opéras de Rameau ou de films inspirés de la musique du compositeur parvient à capter l’attention des visiteurs. Cette initiative va dans le sens du souhait des commissaires de proposer une présentation destinée à tous les publics, de l’amateur au néophyte. Dans cet objectif, plusieurs ateliers pour les enfants seront organisés pendant toute la durée de l’exposition. De quoi plaire à tous.

Parlons enfin du catalogue illustré publié à cette occasion. Regroupant des témoignages d’artistes et des essais de spécialistes de l’œuvre de Rameau, il vient agréablement compléter une visite et nous permet d’en apprendre un peu plus sur la personnalité complexe de celui pour qui « la vraie musique est le langage du cœur ». 

Marion Doublet

Vers le site de l’année Rameau