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Travail d’orfèvre (Farinelli, Porpora’s arias – Jaroussky, Marcon – Erato)

Muse5
Publié dans : CD / DVD - Critiques - Récital
25 avril, 2014

Nicola Antonio Giacinto PORPORA (1686 -1768)

Farinelli – Porpora Arias

 
jaroussky_porpora_farinelliPhilippe Jaroussky (contre-ténor)
Cecilia Bartoli (mezzo-soprano)
Venice Baroque Orchestra
Direction Andrea Marcon
 
1 CD livret-disque, 70’11, Erato, 2013.

Après l’hommage rendu au napolitain Porpora (1686-1768) par Andreas Scholl, Franco Fagioli, Philippe Jaroussky a voulu à son tour honorer le plus célèbre des castrats Farinelli, « mythe » créé de toute pièce par l’un des plus talentueux compositeurs de musique baroque Nicola Porpora. Philippe Jarouskky brille de par la pureté de sa voix doublée d’une technique sans faille. Son timbre ample lui permet d’atteindre les notes les plus hautes sans agressivité, notamment dans les airs de Polifemo “Placidetti zefiretti”, “Nell’attendere il mio bene” et de Semiramide ”Se pietoso il tuo labbro“, “Come nave in nia tempest”. La messa di voce qui débute l’air “Alto giove”, extrait de Polifemo nous transporte dans une totale quiétude : Un pur bonheur ! Couleurs et nuances s’expriment avec grâce. L’aisance inouïe de Philippe Jaroussky démontre sa musicalité. L’émotion nous envahit dès les premières notes émises. Dans “Dall’amor più sventurato”, Ofeo, il ornemente, vocalise avec légèreté. L’écoulement limpide et soutenu du souffle (gorge libre et ouverte) nourrissent et alimentent l’interprétation et l’expressivité avec une belle sensibilité vibratoire. Cette perfection est magnifiée avec deux airs extraits de Polifemo, “Placidetti zefiretti” et de Mitridate, “La gioia ch’io sento” interprétés en duo avec Cecilia Bartoli.

Les auditeurs seront témoins d’une symbiose vocale, union très étroite et très harmonieuse.
 


Mais que serait cette virtuosité « Jarousskyenne » si elle n’était pas sublimée par l’accompagnement musical de l’ensemble Venice Baroque Orchestra conduit par Andrea Marcon en mêlant vivacité et langueur. Les départs sont francs, cohésion d’ensemble. Le continuo est assuré par le clavecin, le luth, le théorbe (instruments harmoniques) et le basson, les cors, les hautbois (instruments monodiques).
 


Il faut également souligner l’excellente qualité du livret qui nous renseigne sur la vie de Farinelli et de son maître napolitain, avec une iconographie plus que soignée.
 


Fermez les yeux, ouvrez votre cœur et écoutez !

Jean-Stéphane Sourd Durand

Technique : bonne prise de son, claire et équilibrée.