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Flow my tears (Je suis Charlie)

Publié dans : Actualités - Brèves
8 janvier, 2015

Parce que la liberté d’expression et de religion est l’un de nos acquis les plus précieux
Parce que la plume est plus forte que l’épée
Parce que nous devons la défendre, la faire vivre et ne jamais l’oublier

 

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Je suis journaliste et j’écris.

Nous sommes journalistes, chroniqueurs, pigistes, rédacteurs, contributeurs. Quel que soit notre statut, notre métier est d’informer, rapporter, analyser, penser. Notre monde n’est pas celui du silence mais celui de la musique. De la musique classique. De la musique baroque. C’est un microcosme, une bulle, un cocon. On s’y écharpe à coup d’éventails, de fleurets mouchetés sur des da capos trop fleuris et des voix de tête aigrelettes. Parfois l’affaire est plus grave, et l’évocation soudaine des croisades ou de combattants d’opérette  fait resurgir la haute politique dans notre monde protégé. Parfois les aléas économiques agitent la vie et la mort sur nos salles, nos ensembles, nos maisons de disques. Mais jamais une rafale n’a balayé nos locaux ou ravagé nos fauteuils.

Pourtant, aujourd’hui, nous voici touchés et solidaires de nos confrères. Confrères, le mot est lancé. Car bien que notre publication n’ait que peu à voir avec une revue politique satyrique et provocatrice, c’est la liberté de la presse qui est aujourd’hui meurtrie. Ceux qui ont voulu l’assassiner ne l’auront rendu que plus forte et plus utile. Et ceux qui lisent magazines et journaux se sont brutalement rendu compte que leur écran ou le papier qu’ils tenaient entre leurs mains était un bien précieux.

Demain comme aujourd’hui, à notre très humble mesure, une larme dans l’océan, nous continuerons à être ce que nous sommes. Et notre seule réponse à la haine et au fanatisme, à l’obscurantisme et au désespoir, sera une plume. 

 

Viet-Linh NGUYEN
Rédacteur en chef