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Hautes terres, morne plaine

Muse3
29 janvier, 2005

Jacques HOTTETERRE (1674-1763)

Intégrale des œuvres pour instruments à vent

 

Frans Brüggen (flûte à bec et traverso), Marjanne Kweksilber (soprano), Barthold Kuijken, Oswald van Olman (traverso), Walter van Hauwe (flûte à bec), Bruce Hayne, Ku Ebbinge (hautbois), Danny Bond (basson), Shelley Gruskin (musette), Toyohiko Satoh (luth), Wieland Kuijken (basse et dessus de viole), Gustav Leonhardt (clavecin) 

2 CDs, 135’55, Sony Séon, enr. 1976-1977. 

Suffit-il d’une poignée de très excellents solistes, d’instruments on ne peut plus authentiques (la plupart des originaux dont le pedigree est soigneusement noté dans le livret) et d’un célèbre compositeur pour faire un bon disque ? 

Hélas non. Car si les enregistrements de la même période consacrés à Haendel et Couperin par ces mêmes Kuijken – Brüggen – Leonhardt n’ont pas vieilli, force est de constater que ce nectar-ci a tourné au vinaigre. La faute d’abord à Jacques Hotteterre, meilleur facteur d’instrument que compositeur et dont le style convenu et précieux s’avère vite lassant. La faute ensuite à une approche excessivement intransigeante refusant tout legato, et où le jeu est totalement haché, avec chaque note soigneusement détachée ou piquée.  La basse continue adepte du « tirer/pousser » digne d’un scieur de bois n’est pas pour rien dans cet échec relatif, dont le rythme claudiquant fait un peu penser à Glenn Gould (!). Les timbres des bois sont grainés et profonds, les trilles frisent la perfection. Mais cela ne suffit guère à soutenir l’intérêt de l’auditeur au-delà de deux belles sonates en trio pour deux hautbois, et pour deux flûtes à bec. Seule l’interprétation solaire et galante de Frans Brüggen sauve le disque du naufrage.

Sébastien Holzbauer

Technique : bon enregistrement et remasterisation sans faille.