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Il Caro Sassone

Publié dans : Actualités - Edito
2 janvier, 2009

Portrait de Haendel par Balthasar Denner. Détail (1727) D.R.

Avant toute chose, toute l’équipe de Muse Baroque se joint à moi pour vous adresser nos plus chaleureux vœux pour cette nouvelle année 2009 qui commence dans la froidure affreuse de gouffres ouverts (notez les allitérations maladroites) mais qui, nous en sommes sûr, se poursuivra sous des auspices plus favorables. Que cette année nouvelle soit pour vous celle des découvertes musicales, des concerts enivrants desquels on ressort le cœur gonflé d’une triomphante ardeur en sifflotant jusqu’à l’aube, des enregistrements fétiches que l’on dépoussière régulièrement dans sa discothèque et que l’on écoute à satiété jusqu’à la crise de nerf du conjoint. Que les bonheurs de 2009 aient le velouté du traverso, l’évanescence fragile d’un luth dans la pénombre, l’éclat solennel et martial d’une trompette naturelle, la profondeur résonnante des timbales, la truculence du complot bassonnique, l’altière élégance des cordes. Et que vos flâneries délaissent la souffrance des Leçons de Ténèbres pour Les Plaisirs de l’Ile enchantée.

2009 est également un rendez-vous, celui des 250 ans de la disparition d’une grande figure de l’opéra seria, grande comme un célibataire bien bâti, à la perruque sans cesse de travers, et qui n’hésitait pas à secouer les prima donna en les menaçant gentiment avec un anglais teinté d’accent allemand. Car c’est le 14 avril 1759, en dépit des efforts d’un dangereux criminel récidiviste (le chirurgien John Taylor qui fut probablement indirectement l’artisan de la mort de Bach), que Haendel s’éteint, le jour du samedi-Saint. Aussi avons-nous décidé de mettre le compositeur à l’honneur dans ce premier numéro de 2009.

Vous y retrouverez d’abord l’évènement de la rentrée avec une lecture décapante et provocatrice des 12 Concerti Grossi opus 6 par Il Giardino Armonico, dont le chef Giovanni Antonini a accepté de nous rencontrer. Cette lecture débordante d’énergie et d’italianité est d’autant plus flagrante lorsqu’on la confronte avec une autre parution simultanée de ce même opus, cette fois sous la baguette de Martin Gester. Suite à la critique du DVD d’ Orlando par William Christie le mois dernier, certains lecteurs ont voulu en savoir plus sur cette œuvre à la structure si peu conventionnelle. Ils seront heureux de lire l’analyse d’un esprit mieux introduit et plus éminent que le nôtre, grâce à la plume mondaine de Charles Burney en plein XVIIIème siècle finissant. Enfin, nous sommes allés rechercher dans les méandres de notre discothèque nos interprétations favorites de ces œuvres, notamment opératiques, afin d’enrichir notre discographie de référence, déjà fort bien fournie du côté du plus italien des compositeurs anglais.

Enfin, attentifs à vos commentaires, nous allons prochainement publier une rubrique « Courrier des lecteurs » où nous répondrons à vos interrogations ou suggestions les plus fréquentes. N’hésitez donc pas à nous écrire ! 

HEUREUSE ANNEE 2009 A TOUS !

Viet-Linh Nguyen