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Il Ritorno di Rinaldo

Publié dans : Concerts - Critiques
22 mars, 2014

 
Johann Sebastian Bach

Sonate BWV 963
Aria Variata BWV 989
Capriccios BWV 992-993

Rinaldo Alessandrini - tous droits réservés

Rinaldo Alessandrini – tous droits réservés

Rinaldo Alessandrini, Clavecin Jean-Henry Hemsch 1761 (Collections du Musée de la Musique)
 
Jeudi 20 mars 2014, Amphithéâtre de la Cité de la Musique, 19h
Dans le cadre du cycle Johann Sebastian Bach – Les Tempéraments

 
Quel bonheur de retrouver le soleil ! Après les frimas de l’hiver cérémonieux et sévère, voici arrivé l’astre de feu venu de la Méditerranée. Eh oui, n’en déplaise aux couleurs du bronze de la statue du Cantor, les Italiens rendent un vibrant témoignage de l’art de Bach. Rinaldo Alessandrini, caractérisé par ses puissantes interventions dramatiques dans l’opéra et surtout des récentes incursions chez J.S. Bach qui ont étonné non seulement la critique, mais aussi les lectures habituelles de ses chefs d’œuvres. Rinaldo Alessandrini touche le clavecin à la manière d’un félin, toujours avec une griffe cachée sous le velours, prêt à attraper les émotions à la note et les révéler, brillantes, colorées et parfumées à la contemplation et à l’enchantement.
 
Tel est notamment le cas de l’Aria Variata et surtout du Capriccio sopra la lontananza del suo fratello dilettissimo en si bémol majeur BWV 992. Merveilleux bijou dans la production de Bach, qui décline avec dramatisme et force narration une fresque extrêmement raffinée et parfois très touchante. Rinaldo Alessandrini s’exécute avec une éloquence fine et nous ravit par la précision de son jeu. Bach sous le soleil a des belles couleurs.  On oublie trop souvent que Bach est un enfant du vert printemps de Thuringe et non un triste puritain des terres grises de Brandebourg.

Pedro-Octavio Diaz