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Julien Chauvin quitte Jérémie Rohrer (Naissance du Concert de La Loge Olympique)

Publié dans : Actualités - Brèves
29 décembre, 2014

Julien Chauvin © A. Laveau

Et non, malgré la mauvaise santé économique de la presse musicale, nous n’avons pas décidé de nous re-orienter dans les cancans d’alcôve… La séparation dont il est question est purement artistique, et Julien Chauvin, qu’on ne présente plus – membre du Quatuor  Cambini, co-fondateur, Konzermeister du Cercle de l’Harmonie, superbe violoniste en un mot – Julien Chauvin donc, a décidé de quitter le Cercle de l’Harmonie pour fonder son propre ensemble, le Concert de la Loge Olympique. Le nom de cette formation sent bon le XVIIIème siècle finissant et nous permet de développer un peu l’histoire de son ancêtre : le Concert de la Loge Olympique (l’original) est une société de concerts qui prit la suite du Concert des Amateurs. Il était issu de la Loge et Société Olympique,  loge maçonnique de musiciens créée en 1782, et LCDLLO fut fondé par le Fermier Général Charles Marin de La Haye des Fosses et le Comte Claude François Marie Rigoley d’Ogny, intendant. Son principal chef était le Chevalier  de Saint George… Pour 120 livres d’abonnement, les membres pouvaient assister à 12 concerts annuels. La date de création est peu claire, un concert a été donné aux Tuileries le 11 janvier 1786 mais il se peut que la société ait été active dès l’année précédente. Marie-Antoinette appréciait et assistait à certaines représentations. Les mélomanes connaissent surtout LCDLLO pour la commande à Haydn des Symphonies dites parisiennes (n°82 à 87) puis les n°90 et 91 (sur une commande de trois nouvelles). Hélas les tumultes révolutionnaires mirent fin à cette entreprise en 1789.

Pour revenir au nouveau Concert de la Loge Olympique, les deux concerts de lancement, à Grenoble les 13 et 14 janvier  (MC2) et Paris (Salle Gaveau), laissent présager un répertoire plus large que le nom de la formation pourrait le laisser entendre puisqu’on entendra l’ensemble dans un récital Haendel avec Karina Gauvin et qu’il se consacrera aux œuvres du baroque au XIXème siècle. En revanche, on avouera pour le moment demeurer un peu perplexe face à la déclaration d’intention : « Inspiré du modèle anglo-saxon (de type Concerto Köln ou Freiburger Barockorchester), il s’agit d’un ensemble flexible et ouvert à des collaborations artistiques variées qui replace les musiciens au cœur même du projet. », et l’on attendra donc de suivre avec joie et curiosité les évolutions de ce nouveau-venu dans le paysage baroque.

M.B.

LE CONCERT DE LA LOGE OLYMPIQUE (communiqué officiel)

Après dix années de collaboration au sein du Cercle de l’Harmonie et plus de deux cent cinquante concerts, nous avons décidé, Jérémie Rhorer et moi-même, de poursuivre notre activité musicale dans deux formations distinctes.

J’ai donc entrepris de faire revivre, à l’aube de 2015, le « Concert de la Loge Olympique ».
En 1785, après la disparition du Concert des Amateurs dirigé par Gossec, le Chevalier de Saint George participe avec deux nobles mélomanes, le Comte d’Ogny et M. de la Haye, à la création du Concert de la Loge Olympique qui donnera de nombreux concerts au Palais-Royal jusqu’à la révolution.

Composé de musiciens et de solistes de toute l’Europe, l’orchestre restera célèbre pour sa commande à Joseph Haydn des six symphonies dites « Parisiennes ». Il sera l’interprète de tout un répertoire bien connu de nos jours – on entend alors à Paris les dernières œuvres publiées de Mozart, Haydn ou Pleyel – mais aussi de compositeurs tombés dans l’oubli, tels Cambini, Reicha, Duport ou Kreutzer.

En relevant ce nom, j’expose clairement la volonté de replacer les musiciens fondateurs du Cercle de l’Harmonie au cœur même du projet dont ils seront les principaux acteurs et de créer un orchestre au fonctionnement inédit en France.

Inspiré du modèle anglo-saxon (de type Concerto Köln ou Freiburger Barockorchester), il s’agit d’un ensemble flexible et ouvert à des collaborations artistiques variées. Nous continuerons à donner des programmes dirigés du violon ainsi que des productions lyriques que je dirigerai de la baguette, tout en intensifiant les projets associés à des solistes et à des chefs invités.

De cette manière, nous serons en mesure de nous produire en formation de chambre réduite aussi bien qu’en formation symphonique, sur scène ou en fosse dans un répertoire qui se recentrera sur les incontournables figures de l’époque baroque, jusqu’au tournant du XIXe siècle.

Une nouvelle aventure musicale, en ce début du XIXe siècle, qui se révèle être un défi pour ancrer la culture, et la musique en particulier, au cœur de notre vie de citoyen.

Julien Chauvin