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La Pochette : le cadet de la famille des cordes

13 mars, 2010

La Pochette : le cadet de la famille des cordes

 

MAÎTRE À DANSER.

Un chapeau, Monsieur, s’il vous plaît. La, la, la; la, la, la, la, la, la; la, la, la, bis; la, la, la; la, la. En cadence, s’il vous plaît. La, la, la, la. La jambe droite. La, la, la. Ne remuez point tant les épaules. La, la, la, la, la; la, la, la, la, la. Vos deux bras sont estropiés. La, la, la, la, la. Haussez la tête. Tournez la pointe du pied en dehors. La, la, la. Dressez votre corps.

J.-B. Molière, Le Bourgeois Gentilhomme, Acte II, scène première.

 

La pochette est l’instrument des « maîtres à danser » dont Monsieur Jourdain est si friand. Goethe relate dans son ouvrage Dichtung und Wahrheit qu’alors qu’il était étudiant à Strasbourg il apprit le menuet à l’aide de ce Tanzmeistergeige (violon de maître de danse littéralement). Les chefs d’orchestre (quel que soit leur titre à l’époque) tout comme les compositeurs ont aussi eu besoin d’un instrument qui puisse leur permettre de déchiffrer une partition ou d’essayer un air. Un clavecin était difficilement transportable et tous ces personnages ne chantaient pas forcément juste. (De plus, on conçoit bien que le professeur de danse avait besoin de parler à son élève en même temps.) La pochette permettait de pallier à ces inconvénients. C’était un instrument de petite taille dont la « pochette » se glissait facilement dans les larges poches du justaucorps. Selon certains auteurs, il dériverait du rebec médiéval. Accordée avec les mêmes intervalles qu’un violon et une quarte plus aigue, la pochette est une sorte de violon miniature qui fait de 20 à 30 cm de long et produit un son geignard frêle (et assez désagréable). L’instrument fut souvent décoré avec raffinement. On connaît des exemplaires très finement incrustés de Jacques Dumesnil datant du milieu du XVIIème siècle.

pochette

                                                                                                                V.L.N.