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Le chant du cygne de la viole de gambe

Muse5
1 janvier, 2006

Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788)

Sonates pour viole de gambe et basse continue

 

London Baroque, Charles Medlam (viole de gambe)

Harmonia Mundi, enr. 1993.

Entre 1745 et 1759, C.P.E. Bach composa ses 3 sonates pour viole de gambe, qui comptent parmi les dernières du genre. Après avoir connu son âge d’or dans la France de la fin du Grand Siècle et de la Régence, la viole entamait son déclin inéluctable face à la famille des violons. Le violoncelle, par sa sonorité plus puissante et claire, et ses possibilités plus virtuoses allait supplanter l’instrument peut-être le plus proche de la voix humaine, avec le cornet. Est-ce la mélancolie, la chaleur de la viole qui poussèrent le fils Bach à dédier à ce mourant ces trois œuvres ? D’un baroque tardif très élégant et très mélodique sans tomber dans la virtuosité gratuite ou le style galant, ces sonates sonnent comme un merveilleux hommage d’une époque qui se tourne déjà vers l’abandon de la basse continue à un vieil ancêtre. Charles Medlam joue avec naturel et à-propos, privilégiant la conversation et le phrasé à la technique démonstrative. Pourtant, ces sonates ne sont pas si aisée à jouer… A l’écoute du disque, on surprend de temps à autre un zeste de Forqueray dans cette partition, un Forqueray plus simple, plus franc, plus joyeux.

L’enregistrement n’obtient pas la Muse d’Or en raison des deux sonates  pour clavecin assez creuses qui meublent le reste du CD. Cependant, avec une réédition en série économique, il serait bien dommage de se priver d’un tel coup d’archet.

Viet-Linh Nguyen

Technique : enregistrement très aéré avec de très beaux timbres. Une prise de son plus rapprochée aurait parfois été préférable.