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Les Indes ronflantes

Muse2
30 juillet, 2007

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)

Les Indes galantes, transcriptions originales pour clavecin


Kenneth Gilbert (clavecin Donzelague, Lyon 1716)
43’10, Harmonia Mundi, enr. 1979.

Ces transcriptions sont de la main même de Rameau et furent publiées avec l’unique édition de l’opéra, peu après 1735.  Le compositeur regroupait certains airs et danses en quatre grandes suites, qui sont très partiellement enregistrées ici (16 numéros sur 32). Hélas, il semble que la transcription a étiolé le langage suggestif ramiste, et le jeu mécanique de Kenneth Gilbert ne fait qu’accroître une fâcheuse impression de tricotage de luxe. Tempi uniformes, jeu trop lisse et régulier, maniaque dans les trilles, timide dans les ornements, toujours propre et retenu. L’ouverture pontifiante et traînarde, la Musette raide, les Menuets terriblement convenus. Que retenir de ces 40 minutes où Rameau se mue en Tafelmusik meublant un salon versaillais tandis que les courtisans jouent au tric-trac ? Peut-être les Sauvages, d’un lumineux équilibre, ou bien l’Air tendre pour la rose d’une douceur souriante. Le clavecin même (pourtant un Donzelague de 1716) ne paraît guère à la fête, accusant un son terne, parfois aigre, manquant de corps et de profondeur. L’interprète s’ennuie. Et nous avec lui. Si bien que l’on se rattrapera bien vite avec les débordements énergiques de Christophe Rousset (Ambroisie) autrement plus percutant.

Katarina Privlova


Technique :
 bonne prise de son, mais le clavecin sonne un peu aigre