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Feu (Chants sefardis, Me la amargates tu – Potsdam, 18/06/2014)

Publié dans : Concerts - Critiques - Festivals
7 septembre, 2014

Chants Sefardis

Ensemble ME LA AMARGATES TU

 marangez


Esteban Manzano – chant

Doret Florentin – flûte(s)
Sarah Ridy – harpe
Tulio Rondon – viole de gambe
Juan Martinez  – Percussions

Mercredi 18 juin 2014 – OVID SAAL – Neuekammern Palais, dans le cadre du Musikfestspiele Potsdam Sanssouci

Méditerranée aux couleurs changeantes, du Levant au Ponant, du rocheux Gibraltar aux douces plages de la Palestine. Parsemée d’îles aux histoires marmoréennes. Dans les soupirs de ses coquillages et le souffle des vents, les chants du passé demeurent au cœur des traditions. Parmi les plus anciennes et les plus raffinées des traditions vocales, demeure en premier lieu le chant Sefardi.

Cette belle initiative du Festival de Potsdam nous propose de plonger dans ces chants aux sentiments puissants et contrastés. Belle démonstration surtout parmi les mythes amoureux les plus forts, dans cette Ovidsaal. En effet, dans ce beau salon aux les stucs dorés éblouissants représentent chacun un héros ou héroïne de cet Ovide si cher à nos sens baroques.

Avec un sens précis du style Sefardi et une passion communicative, l’ensemble Me la amargates tu nous fait rentrer de bout en bout dans toutes sortes d’alcôves sentimentales. De la berceuse à la tirade mélancolique et des lamentations, des regrets à la coquetterie, la séduction. A l’égal de tous ces mythes de la Ovidsaal, les chants Sefardis n’ont pas abandonné la déesse de Cythère. La source de l’affect avec la voix limpide, finement ciselée et veloutée de Esteban Manzano nous comble de toute l’ardeur que ces musiques portents au paroxysme.  Et quel meilleur accompagnement que toute cette union des flûtes éloquentes de Doret Florentin, la force dramatique de la viole de Tulio Rondon ; la délicate émotion de la harpe de Sarah Ridy et le rappel terrestre et subtil des percussions de Juan Martinez.  Me la amargates tu,  un bel équilibre de nuances, plus qu’un décor, un paysage sublime d’émotions.

Le retour au réel est toujours difficile dans les jardins de Potsdam, surtout quand, descendant dans la ville, les fées des bois accompagnent nonchalamment les pas du vagabond avec leur lueur intermittente, lucioles espiègles à la musique lumineuse sans bruit. 

Pedro-Octavio Diaz

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