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Même Schütz l’admirait…

Museor
6 septembre, 2006

Samuel CAPRICORNUS (1628-1665)

Theatrum Musicum

 

Le Parlement de Musique, dir. Martin Gester,

Opus 111, 1993. 

 

Samuel Bockshorn fut un compositeur renommé… en son temps. Souvent comparé à Schütz qui reçut favorablement son Opus Musicum, son style se caractérise par la fusion des styles italiens et du motet allemand. Le Theatrum Musicum est constitué de scènes sacrées, mêlées dans cet enregistrement à des productions d’autres recueils, telle la Scelta Musicale plus virtuose. Le Parlement de Musique a saisi toutes les contradictions de cette musique, entre austérité, style madrigalesque et virtuosité latine. Toujours sensibles au phrasé et à la respiration de la musique, dynamiques dans le contrepoint, jubilatoires dans les effusions des Amen, les cinq solistes – parmi lesquels on trouve Kai Wessel ou Ian Honeyman - sont dignes des éloges les plus flatteurs. L’ensemble dénote une grande clarté des lignes, une transparence presque anatomique et une douce musicalité due à l’attention portée au sens des mots, tandis qu’Alice Pierot et son violon grainé accompagnent tendrement le chant. Un tapis de cordes alanguies accueille le « O Traurigkeit » avant que les timbres aériens et articulés de Delphine Collot et Lena Susanne Norin (en dépit de l’allemand un peu maladroit de cette dernière) ne fusionne dans un contrepoint savant et intense. S’il faut un mouvement favori, ce sera le « Bonum est confideri » presque profane avec ses violons chantants et sa joie décomplexée, ou encore le « Protector omnimium sperantium » aux pieds légers et aux nombreux mélismes. Lorsque la Musique fait son Théâtre devant le Parlement, il faut être bien bégueule pour ne pas assister à une telle représentation. 

Alexandre Barrère

Technique : Prise de son flatteuse pour les timbres, très fidèle et précise.