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MMXIV

Publié dans : Actualités - Edito
6 janvier, 2014

Cher tous,

Pour discrète qu’elle se soit faite des deux derniers mois, la Muse n’en est pas moins là, et la voici donc qui sort de la paisible retraite de son bosquet pour vous souhaiter à tous mélomanes et baroqueux, fidèles historiques ou nouveaux lecteurs égarés, simples curieux ou musiciens, une année 2014 désespérément et excessivement baroque, baroque dans ses coups de cœur comme de gueule, dans ses incartades et ses sourires, dans sa pétulance et sa tendresse.

A l’image des plus hautes sphères de l’Etat, nous n’avons pas réussi à tenir notre promesse électorale de vous accueillir en 2013 au sein d’une Nouvelle Muse, sorte de Graal cybernétique d’une revue qui fait sa mue et entre de plein pied dans une modernité très attendue, et nous sommes conscients de l’attente et de la déception de certains. Manifestations, pétitions, lettres de menace se sont virtuellement amoncelées dans nos ambassades, réclamant la Nouvelle Muse, déplorant les retards d’un quarterons de baroqueux débordés, comparant nos ambitions à celles d’un Phaëton foudroyé, offrant la main d’œuvre gratuite et motivée de cohortes de prisonniers ramenés des dunes désertiques pour bâtir ce refuge ultime de la Planète baroque, comète musicale poussiéreuse et conservatrice d’un répertoire paradoxalement dans le vent. Cette impatience légitime, nous la ressentons tous. Et quand bien même le volcan reste en apparence immuable, les petits lutins continuent de s’activer sous la surface, et nous espérons bien vous dévoiler début 2014 notre revue entièrement refondue.

Dans l’attente, l’absence regrettée de la Muse, peu attentive depuis octobre, était coupable. Coupable envers les artistes et professionnels qui nous font confiance, coupable envers nos  lecteurs contraints de se réabonner à Pif Gadget pour s’adonner le dimanche à de saines occupations. Nous avons donc décidé de poursuivre comme auparavant n’était l’actualisation du site actuel, doté toutefois de quelques marginales améliorations en guise de prélude à de plus grandioses festins. Vous observerez ainsi quelques essais de nouvelles bannières, étendard de nos futures conquêtes, ou d’autres tests ergonomiques. Mais tout cela n’est que broutilles, car l’on ne terminera pas le Grand Dessein d’Hardouin-Mansart sans abattre le Château Vieux.

Aussi voici nos bonnes résolutions pour cette année 2014 tant vantée :
1/ Ecouter
2/ Rêver
3/ Raconter
4/ Partager
5/ Innover

Voilà qui est fort bien dit, et incontestable, mais que ferons-nous concrètement, direz-vous d’un air caustique voire méfiant dont le caractère inquisiteur ne nous échappe pas ?

1/ Lancer la Nouvelle Muse
2/ Renouer avec un rythme plus soutenu de parutions
3/ Couvrir plus d’événements, notamment en province ou à l’étranger
4/ Etendre la couverture du magazine relatives aux arts baroques : livres, théâtre, expositions…
5/ Recruter plus de rédacteurs pour faire face aux avalanches de disques et invitations que nous recevons

Mais assez que de cette technique ou de ces bureaucratiques feuilles de route, et revenons-en à la source et l’aboutissement de toute notre entreprise : prima la Musica. Alors, laissez-vous aller dans une confortable bergère au velours un peu râpé, d’époque naturellement, en sirotant un vieil Armagnac sur un fond de Bach. Et si vous laisser échapper un soupir de contentement, en gratouillant votre chat ou en pianotant sur votre tablette automatiquement ouverte sur notre Muse tandis que défilent les chorals du Kantor, alors nous sommes honorés de compter parmi nos lecteurs de si honnêtes gens.

Il ne reste plus qu’à prendre congé de vous en s’excusant de vous avoir distrait de la BWV 134, et de vous redire que toute l’équipe de la Muse s’associe à moi pour vous souhaiter 365 jours de notes à n’en plus finir, pour profiter à pleines dents des trilles de la vie.

Viet-Linh Nguyen