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Mobilier : « Louis XIV ? Pas encore, mon fils… »

Publié dans : Actualités - Brèves
1 avril, 2011

Cette série de notes n’aura pas vocation à présenter tableau exhaustif des différentes formes stylistiques du mobilier domestique au XVII°siècle, mais plutôt de présenter un aperçu du décor dans lequel évoluaient les compositeurs que nous étudions, ainsi que leurs interprètes et auditeurs contemporains.

Cabinet dit de l’Odyssée, 1ere moitié 17e siècle © RMN (Château de Fontainebleau) / Jean-Pierre Lagiewski

Le style Louis XIII (1)

Comme sous la Renaissance, le mobilier du début du XVIIème siècle se réfère encore aux formes architecturales issues de l’Antiquité. L’Italie demeure un modèle que l’on imite, et de surcroît, forte est l’influence de Marie de Médicis, mère de Louis XIII, et de son ministre Mazarin, qui protègent et commanditent, à la cour de France, des artistes de leur pays. D’Italie, on importe également des marbres, des étoffes, des miroirs et des verreries. D’autre part, les pays protestants des provinces du Nord (Flandres, Pays-Bas…) exportent aussi leur goût et leurs artistes, et surtout certaines techniques, notamment en matière d’ébénisterie.

Ce qu’on appelle le « style Louis XIII », et qui déborde en réalité largement du règne de celui-ci (1601 – 1610 – 1643) apparaît comme un mélange de ces différents apports. La forme générale des meubles est souvent compacte ; les lignes, plutôt sévères, en sont architecturées et géométriques. Ces meubles massifs peuvent être abondamment sculptés d’élément de faune et de flore : roses, tulipes œillets, têtes de lions stylisées…

Par ailleurs, la mouluration tend à s’imposer sur les meubles dépouillés et sobres. A cette époque apparaît une nouvelle corporation d’artisans du meuble : les tourneurs, qui produisent de nombreux éléments du mobilier. On utilisait divers modèles de tournage : en chapelet, en spirale, en balustre ; les toupies et les poires qui ponctuent traverses et entretoises.

Le mobilier bourgeois, plus « lourd » d’aspect, fut évidement plus répandu ; cependant, parallèlement à cette production plus courante, fut fabriqué un mobilier infiniment plus luxueux réservé à une élite, et qui faisait déjà l’objet de collections. Les cabinets sont les plus représentatifs de ces meubles. Les placages d’ébènes furent employés dès le début du XVIIème siècle ; on utilisa par la suite des matériaux plus variés où bois exotiques, métaux, pierres semi-précieuses et écailles s’associaient en des compositions reprenant les principes architecturaux.

H.T.