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Moi, j’ai dit « bizarre » ? Comme c’est bizarre…

Muse3
16 octobre, 2006

Giovanni Battista PERGOLESI (1710-1736) 

Stabat Mater

René Jacobs, Sebastian Hennig (garçon),
Concerto Vocale
Harmonia Mundi, enr. 1983.

D’abord, une exécution du Stabat Mater de Pergolèse avec un contre-ténor et un enfant soprano n’a aucune réalité historique. Ensuite, pourquoi diantre accumuler les difficultés de tessitures pour les deux chanteurs ? Pour le panache ? Pour la musique ? Pour l’aventure ?

Quoi qu’il en soit, cet ovni ne vous laissera pas indemne : entre René Jacobs plus maniéré que jamais et le jeune enfant virtuose mais parfois proche du cri, l’œuvre en sort totalement métamorphosée. L’orchestre est assez indigent et frêle, les tempi convenables sans plus. Tout pèse sur les chanteurs qui, toujours sur le fil du rasoir ou au bord du gouffre, n’en relèvent pas moins le défi avec une belle musicalité et une grande attention au texte. Les lignes d’une transparence poussive et d’une clarté aveuglante artificielle semblent vouloir disséquer la partition, appuyer chaque note comme pour mieux les déclamer. Le Stabat devient une séance de flagellation, une pénitence. Chacun se forgera son propre avis sur cet enregistrement étrange et unique, d’une légèreté douloureuse. Et sur cet oxymore et ces obscures réflexions, bonsoir !

Armance d’Esparre


Technique : 
Aïe, on est parfois proche de la saturation dans les aigus du jeune Sebastian Hennig ! Vos enceintes risquent d’en souffrir. Déconseillé pour un dîner aux chandelles au risque d’effrayer la donzelle… Intéressant pour la BO du Da Vinci Code 2, séquence de l’Opus Dei