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L’Orchestre Symphonique est-il Mort ?

9 février, 2005

L’Orchestre Symphonique est-il Mort ?

 

Dans 10 ans, pensez-vous encore pouvoir trouver Händel ou Purcell par le Philarmonique de Vienne ? N’en déplaise à certains grincheux qui n’ont jamais juré que par Karajan ou Sir Colin Davis, la transparence sirupeuse du violon aux cordes métalliques, l’agressivité de la trompette à piston et le diabolique piano massacrant les concertos pour clavecins de Bach sont bien en voie de disparition, ne serait-ce devant l’écrasant nombre d’ensembles baroques et leur titanesque discographie (Plus de 200, rien qu’en France). Néanmoins, les tempi d’omnibus si ennuyeux et la mollesse nonchalante de ces mastodontes est-elle dorénavant un souvenir du crétacé musical ? Les orchestres traditionnels ont-ils enfin consenti à abandonner le champ de bataille et à se réfugier dans leur citadelle post-mozartienne ?

Refusant ces conclusions hâtives, je suis allé à la FN** pour aller répertorier ces espèces en danger et mener ma petite enquête. Aussi, je demande innocemment à un vendeur une version des Brandebourgeois (évidemment, si je cherche du Johann Heinrich Schmelzer, quel chef d’orchestre « normal » irait enregistrer ça) et…stupeur !!! L’aimable employé répond: « avec instruments d’époque ou sans ? »

Avalant discrètement une tablette de comprimés afin de prévenir la crise d’apoplexie, je parviens à me maîtriser et à grimacer un sourire candide en marmonnant: « Quelle est la différence ? »

Le tortionnaire réplique alors, avec une mauvaise foi sans égale, que l’orchestre baroque est rapide, grinçant et qu’il sonne en général faux, tandis que l’autre est plus juste, plus mesuré, plus calme mais moins historiquement exact.

Je suis reparti dépité, avec les Brandebourgeois d’Harnoncourt (ceux de 1968 ou le cor naturel est… »très historique ») en signe de protestation muette.

Finalement, Claudio Scimone et ses consorts ont peut-être encore de beaux jours devant eux…

 

                                                                            V.L.N., baroqueux intégriste.