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Le Nozze di Figaro, Mozart

Publié dans :
25 avril, 2014

Dijon, Opéra, les 17, 19, 21 et 23 mai 2014 à 20h.

Orchestre Dijon Bourgogne
Choeur de l’Opéra de Dijon
Direction musicale : Jonathan Cohen

Après Cosὶ fan tutte et Don Giovanni, l’Opéra de Dijon termine son cycle consacré à la trilogie Mozart / Da Ponte avec leur première collaboration — et leur premier chef-d’œuvre ! Il fallait plus que du courage à l’époque pour mettre en musique la pièce de Beaumarchais, interdite par tous les souverains d’Europe ! Car si Da Ponte en modère les propos les plus violents à l’encontre de la noblesse — et passe ainsi l’épreuve de la censure—, les situations qu’il campe, les rapports sociaux qu’il décrit, les transgressions qu’il met en scène sous couvert du travestissement et de la comédie, sont une charge non moins virulente contre l’Ancien Régime. La douce illusion d’un ordre social immuable où chacun est à sa place vacille et bascule sous les coups d’un Figaro bien décidé à s’éviter les cornes ! Et, comble dans cette société patriarcale, ce sont les femmes qui in fine mènent le jeu… Pour cette folle journée qui brasse les classes et les cœurs, pour son premier opéra italien pour la cour de Vienne, Mozart compose une musique aussi géniale dans le persiflage que dans la grâce, qui détourne elle aussi les formes et fait se subvertir les styles jusqu’à tourner les têtes et chavirer les âmes.

Les sociétés changent, mais les humains restent les mêmes : amour et position sociale, supériorité hiérarchique et tentative de séduction font toujours bon (et mauvais) ménage. La mise en scène de Richard Brunel, créée au Festival d’Aix-en-Provence en 2012, questionne avec subtilité et humour la permanence de ces rapports dans nos comportements, et nous tend, comme Mozart à l’époque, un miroir où lire nos propres faiblesses… comme nos propres vertus.

Après Wagner en ouverture de saison et Bach en mars, Thomas Bauer revient cette fois dans Mozart : ce Comte de haut vol sera notamment entouré de la Susanna de Maria Savastano et du Cherubino de Sophie Harmsen (la Dorabella de Cosὶ en 2012). Jonathan Cohen, que l’on avait pu découvrir dans Didon et Enée en 2011, nous mène de sa baguette alerte à travers les mille rebondissements de cette journée de noces et d’émancipation.