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Six concerts en joyeuse compagnie (Rameau, Concerts en sextuor, Les Dominos – Ricercar)

Muse4
5 décembre, 2014

Jean-Philippe Rameau (1683-1764)

Concerts en sextuor

Liste des morceaux

6° concert
La poule
1er menuet – 2e menuet
L’enharmonique
L’Egyptienne
Les sauvages 

1° concert
La coulicam
La Livri
Le Vézinet 

2° concert
La  Laborde
La Boucon
L’Agaçante
1er menuet – 2e menuet en rondeau 

3° concert
La La Poplinière
La Timide
1er tamborain – 2e tambourin en rondeau 

4° concert
La Pantomine
L’Indiscrète
La Rameau 

5° concert
La Forqueray
La Cupis
La Marais

 

rameau_concerts_sextuor_dominosLes Dominos – Florence Malgoire, direction
Florence Malgoire, Stéphanie de Failly et Sue Ying Koang : violon
Simon Heyerick : alto
Claire Giardelli : basse de violon à cinq cordes
Cyril Poulet: violoncelle
Evolène Kiener: basson
Serge Saitta et Amélie Michel: flûte et piccolo
Laurent Steward: clavecin 

1h17, Ricercar, 2014

L’année 2014 marque le 250ème anniversaire de la mort de Jean-Philippe Rameau. Pour cette occasion, six concerts du musicien sont interprétés par Florence Malgoire et son ensemble Les Dominos. Ces six concerts sont un arrangement anonyme de cinq concerts constitués des Pièces de clavecin en concert et d’un sixième concert issu de la Suite en sol majeur des Nouvelles suites de Pièces de Clavecin. Ils proviennent d’un manuscrit de 1768 – soit quatre ans après le décès du compositeur – d’un certain M. Decroix et nommés Les concerts de Monsieur Rameau. Ils sont publiés ainsi dès la fin du XIX° siècle par un autre musicien, Camille Saint-Saëns, dans l’édition monumentale des œuvres de Rameau.

Alors que la transcription de 1768 est conçue pour un clavecin et six instruments – trois violons, un violoncelle, un alto et une basse, l’arrangement des Dominos fait intervenir également deux flûtes et un basson, introduisant une palette de couleurs plus diversifiée.

Le sixième concert surprend par l’attaque, très –parfois trop – vive de La poule ou des Menuets. Nous sentons les musiciens pressés. On retrouve cependant très vite la noble retenue qui sied au style français de l’époque. Les Sauvages reprennent la Danse du grand calumet de paix des Indes galantes du même compositeur. Une comparaison avec le disque de La Simphonie du Marais d’Hugo Reyne met cependant en lumière une différence d’interprétation : là où La Simphonie du Marais attaque avec un certain mordant chaque refrain, scandant ainsi la musique, Les Dominos le marquent beaucoup moins, le rendant malheureusement moins fort.

Les cinq autres concerts ont également des noms énigmatiques, qu’il s’agisse de nom de lieu comme Le Vézinet ou de caractères – La timide, l’agaçante. Ils sont interprétés avec un certain allant et le leitmotiv est récurrent chez le compositeur, qu’il s’agisse par exemple de La Livri dans le premier concert, de L’agaçante dans le deuxième concert ou de La timide dans le troisième concert. Il s’en dégage un style coloré et gracieux.

Par ailleurs certains titres sont parfaitement retranscrits par la musique et son interprétation comme La Pantomine  dans le quatrième concert où l’on s’attend à voir danser des gens sur scène.  Enfin, si les cordes ont la part belle dans ces concerts, La cupis (cinquième concert) est l’occasion d’une pièce d’une grande finesse et douceur fortement marquée par les flûtes.

L’interprétation des Dominos s’avère donc de grande qualité, malgré les quelques réserves émises notamment pour le Sixième concert.

Anne-Laure Faubert