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Summertime

Publié dans : Concerts - Critiques
22 mars, 2014

 Johann Sebastian Bach

Sonate BWV 963
Aria Variata BWV 989
Capriccios BWV 992-993

Christophe Rousset © E. Larrayadieu

Christophe Rousset © E. Larrayadieu

Christophe Rousset, Clavecin Jean-Henry Hemsch 1761 (Collections du Musée de la Musique)
 
Jeudi 20 mars 2014, Amphithéâtre de la Cité de la Musique, 20h
Dans le cadre du cycle Johann Sebastian Bach – Les Tempéraments
 
Nous autres baroqueux connaissons bien les enregistrements quasiment intégraux de Bach par Christophe Rousset. C’est tout naturellement que l’annonce de deux partitas sous ses doigts allait nous ravir. Tout d’abord, Christophe Rousset entama dès le départ un dialogue avec son public, s’adressant directement à nous, établissant à la fois une proximité et une intimité essentielles pour un récital de la sorte. De bout en bout des écueils redoutables des Partitas, le toucher de Christophe Rousset était franc, protéiforme et d’une beauté hors normes. Tel l’esquif des arias da capo, il franchit toutes les tempêtes et arriva au port sous un soleil rayonnant. Les Partitas sont souvent assez arides et sobres, Christophe Rousset a ouvert le carcan qui les renfermait et nous a offert la pulpe juteuse et inattendue de ces partitions merveilleuses. On ne le dira jamais assez, c’est avec un sourire que la passerelle est tendue.
 
Ce cycle est plein de tempéraments, en effet, de la grâce de Violaine Cochard à la timidité glaciale de Pierre Hantaï et des Partitas solaires de Christophe Rousset aux Capriccios joviaux et veloutés de Rinaldo Alessandrini, toutes les émotions étaient représentées.  Mais, au fond, c’est peut-être aussi parce que Bach est un miroir humain, et que tout être qui s’y penche s’y retrouve et s’y reflète.
 

Pedro-Octavio Diaz