Close

  • « De la Mécanique des Doigts » (Intégrale Rameau – Baumont – Loreley)

    Un certain vertige. Les Lumières semblent prises du vertige de l’esprit et du savoir mêlé à celui du plaisir des sens. Ainsi débute l’avant-propos du livret de cette intégrale, de la main même d’Olivier Baumont. On attendait dès lors l’artiste au tournant de cet abandon vertigineux. On s’apprêtait avec envie à une divine ivresse… la déconvenue n’en est que plus brutale.

  • Publié dans : Actualités - Brèves
    Dimanche avec Scarlatti

    Le dimanche, jour de repos bien mérité, de délassement et de farniente, propice à l'otium latin. L'occasion de ramper après un brunch mondain branché et exténuant vers sa discothèque sous prétexte de la dépoussiérer, de se saisir au hasard du doigt qui caresse les coffrets un gros monceau cartonné, et de se retrouver, un peu par hasard dans la Kk 260 de Scarlatti...

  • Publié dans : Concerts - Critiques
    Cycle Johann Sebastian Bach – Les tempéraments (Cité de la Musique, mars 2014)

    S’il est une œuvre pour clavier dans l’histoire de la musique dont tout le monde peut citer de mémoire quelques courts extraits (sans savoir forcément à quoi ils se rattachent), c’est bien celle de Johann Sebastian Bach. N’est-ce pas parce que, pour beaucoup d’entre nous, cette oeuvre se rapporte à ces heures de nos enfances où nous étudiions tel menuet, telle invention ou tel prélude et fugue après le goûter et les devoirs du soir ?

  • Publié dans : Concerts - Critiques
    Vernis Martin (Bach, Suites anglaises – Béatrice Martin – Cité de la Musique, 13/03/2014)

    Nous voici devant le magnifique Ruckers ravalé par Taskin, avec ses piétements à la droiture cannelée si Louis XVI, contrastant avec les aimables rinceaux sur fonds dorés qui ornent la caisse et au milieu de la luxuriance desquels se nichent quelques aimables angelots.

  • Publié dans : Concerts - Critiques
    Un clavecin qui en pinçait pour le luth (Bach, Baumont, Cité de la Musique, 13/03/2014)

    On ne s’attardera pas tant que ça sur le fameux Lautenwerk, à propos duquel les lecteurs trouveront un peu plus de matière dans la critique du disque paru pratiquement au même moment, et ces quelques lignes auront plutôt le mérite de rendre compte de ce concert double, puisqu’Olivier Baumont a choisi à la fois d’interpréter des pièces pour clavecin-luth ou luth sur une reconstruction de William Martin (1991) utilisée également pour le CD tout juste paru chez Loreley, ...

  • Publié dans : Concerts - Critiques
    A charmer les lions (Bach, Suites françaises – B. Rannou – Cité de la Musique, 16/03/2014)

    Blandine Rannou. Nous ne cachons pas ici notre admiration pour la claveciniste, pour son éloge de la lenteur, son spleen équilibré et doux-amer, cette manière si unique qu'elle a de laisser sonner puis mourir les notes, en leur conférant profondeur et conviction.

  • En Filigrane
    22
    mar
    2014
    Publié dans : Concerts - Critiques
    En Filigrane

    Pour certains le clavecin est un instrument étrange, pour d’autres il est assimilé à l’agacement du son grêlé qu'il génère. Mais les cordes pincées qui nous invitent à réinventer nos approches de Bach et nos préjugés sur l’art intimiste du clavier sont le clair reflet non seulement d’une esthétique mais aussi d’une idiosyncrasie.

  • La cérémonie
    22
    mar
    2014
    Publié dans : Concerts - Critiques
    La cérémonie

    Dans les pérégrinations d’un journaliste, il est des concerts particuliers. Le programme annonçait de belles heures, la renommée clamait de sa trompette altière la grandeur d’un interprète. Et l’illusion ajoutait un brin d’excitation, une puissance dans la fantaisie, une touche d’émotion dans le fantasme.

  • Publié dans : Concerts - Critiques
    Il Ritorno di Rinaldo

    Quel bonheur de retrouver le soleil ! Après les frimas de l’hiver cérémonieux et sévère, voici arrivé l’astre de feu venu de la Méditerranée. Eh oui, n’en déplaise aux couleurs du bronze de la statue du Cantor, les Italiens rendent un vibrant témoignage de l’art de Bach.

  • Summertime
    22
    mar
    2014
    Publié dans : Concerts - Critiques
    Summertime

    Nous autres baroqueux connaissons bien les enregistrements quasiment intégraux de Bach par Christophe Rousset. C’est tout naturellement que l’annonce de deux partitas sous ses doigts allait nous ravir. Tout d’abord, Christophe Rousset entama dès le départ un dialogue avec son public, s’adressant directement à nous...

  • Au clair de la Lune

    Superbe métal lunaire, bleuté et fier, vigoureux et ferme, aux reflets changeants mais impérieux. Voici un grand enregistrement de Christophe Rousset, parfois un peu trop altier voire raide, décidé, très articulé. Le choix du Ruckers 1628 du Château de Versailles, ravalé au XVIIIème siècle par Blanchet, est plus que judicieux,...

  • Publié dans : Concerts - Critiques - Festivals
    De Chambonnières à Rameau

    Skip Sempé n’arrivait pas en terrain conquis : il remplaçait Bertrand Cuiller. Grâces lui soient rendues d’avoir accepté et d’avoir proposé un programme riche et varié où se croisent encore les Couperin et Rameau, mais aussi Chambonnières, Forqueray, d’Anglebert et même Luigi Rossi.

  • Publié dans : Concerts - Critiques - Festivals
    « Quand on joue, on ne pense pas : on a pensé. »

    Pierre Hantaï a composé un programme couvrant, chronologiquement, la majeure partie de l’école française de clavecin : de Louis Couperin (vers 1626–1661) à Jacques Duphly (1715–1789) en passant, bien sûr, par François Couperin et Jean-Philippe Rameau.

  • Publié dans : CDs & DVDs - Critiques - Récital
    « L’homme désire l’éternité mais il ne peut avoir que son ersatz : l’instant de l’extase. » (Milan Kundera)

    Après un parcours dans l’œuvre de l’espagnol Joseph Ruiz de Samaniego, Los Músicos de Su Alteza ont traversé la Méditerranée pour nous transporter dans la Rome des années 1640, la Rome des papes mécènes Urbain VIII et Innocent X, la Rome baroque de la Contre-Réforme. Deux compositeurs y sont à l’honneur : le napolitain Luigi Rossi, auteur soupçonné de la cantate à cinq Un peccator pentito (Un pécheur repenti), restée anonyme, et Giacomo Carissimi, avec son oratorio peut-être le plus célèbre, Jephte — l’une des partitions qui nous sont parvenues a été copié par rien moins que Marc-Antoine Charpentier !

  • « Ainsi relégué au rang des petits maîtres, il écrit cependant de façon splendide (…) » (Christophe Rousset)

    Avouons-le, on joue trop peu Duphly. Trop peu en dépit de quelques pièces ressuscitées par Gustav Leonhardt dès 73 les intégrales élégantes de Jean-Patrice Brosse (EMI et Pierre Verany), l'incursion moirée de Catherine Latzarus (Ligia) ou encore le récital inégal d'Elisabeth Joyé (Alpha) sans même citer Mitzi Meyerson ou Mario Raskin que nous n'avons pas écoutés.

  • Les angles et les courbes

    L’art de la prise de son est un art difficile et un peu ingrat : quand elle est réussie, on n’y prête guère attention — à moins qu’elle ne soit franchement exceptionnelle — mais quand elle est ratée, toutes les fautes lui reviennent. C’est que, l’on peut gâcher un disque avec une prise de son peu convaincante…

  • Publié dans : Dossiers - Interviews
    Entretien avec Violaine Cochard, claveciniste

    Entretien avec Violaine Cochard, claveciniste, chef de chant et membre fondateur de l'ensemble Amarillis. Le Café de la Musique, ses banquettes élimées, son atmosphère un peu jazzy. Violaine Cochard arrive, souriante et naturelle, l'oreille collée à son téléphone pour vérifier encore quelques détails sur la facture du clavecin avec Laurent Soumagnac - pour ne pas dire de bêtises - avoue t-elle malicieusement. Nous espérons ne pas en avoir trop dites, lors de cette conversation amicale et détendue que nous avons le plaisir de vous faire partager...

  • Shaked but not stirred !

    Les Concertos pour clavecin de Bach datent de l'époque de Leipzig, alors que Bach dirigeait le Collegium Musicum de 1729 à 1739 dans la salle ou les jardins du Café Zimmermann. Cependant, l'écriture de certains d'entre eux remonte probablement à de plus vertes années dans les cours de Köthen et Weimar...

  • Le mineur lui va si bien…

    L’instrument est magnifique, l’interprétation ne l’est pas moins. Nous ne reviendrons pas en détail sur ce superbe Dulcken des années fourties (1740’s) dont l’histoire est contée en détail dans l’entretien que nous a accordé Violaine Cochard. Mais il faut tout de même en dire quelques mots, ne serait-ce parce que cet enregistrement trouve son point de départ dans l’envie de la musicienne d’immortaliser le timbre riche et brillant de l’instrument...

  • Publié dans : CDs & DVDs - Critiques - Récital
    Intus et in cute (Perse, Satire III, v. 30)

    Sous la reproduction d’un petit tableau assez fade de Ludolf de Jongh, et le titre un peu mystérieux de Mr Tomkins his Lessons of Worthe (Leçons de Valeur de monsieur Tomkins), se cache en réalité un petit trésor anthologique du répertoire anglais pour clavecin de la première moitié du XVIIe siècle.

  • De l’opéra au clavecin, étonnantes transpositions baroques

    Nous avions eu l'occasion de rendre compte, il y a quelques mois, du jeu virtuose de Catherine Zimmer au sein de l'ensemble Salamandre dans une petite église du sud de la Corse. La plupart des pièces jouées étaient reprises d'un enregistrement récemment paru sous le label Encelade...

  • Charmant trente-deux pièces, lumineux, à revisiter au plus vite

    Les souvenirs d’amour, nous dit Proust, ne font pas exception aux lois générales de la mémoire, elles-mêmes régies par les lois plus générales de l’habitude. Ceux qui nous reviennent le plus souvent finissent par perdre un peu de leur force. Gageons qu’il en va de même des souvenirs des chefs d’œuvre chez les passionnés de musique.

  • Première en milieu tempéré

    Histoire personnelle ou oreilles sensibles, manque d’ambition ou gros doigts boudinés : les excuses ne manquent pas pour expliquer chez la plupart des gens cette incapacité à parcourir gracieusement les touches d’un clavecin de caractère. Pour bon nombre d’entre nous, les doigts ne savent se promener qu’au fil des bacs de disquaires, sautant avec souplesse de tranche en tranche.

  • Publié dans : Dossiers - Interviews
    Entretien avec Váklav Luks, claveciniste, directeur du Collegium 1704

    Entretien avec Váklav Luks, claveciniste, corniste & directeur musical du Collegium 1704, à propos de l'oeuvre de Zelenka et du Messie de Haendel. L'interview n'est prévue que dans quarante-cinq minutes, un court entretien d'une demi-heure environ. Dans le hall de l'hôtel, nous croisons soudain quelqu'un. Visage souriant, petit air d'adolescent espiègle, voici Váklav Luks. Nos bagages encore à la main, nous voici lancés dans une conversation à bâtons rompus, amicale et passionné, assis sur la fraîche terrasse, jusqu'à ce que l'attaché de presse finisse par nous séparer au bout d'une bonne heure, pour nous rappeler nos emplois du temps respectifs...

  • Une caresse énergique

    Etre co-titulaire des orgues de Saint-Louis-en-l’île, ça se mérite, comme nous l’avions déjà démontré dans nos pages vertes à l’occasion du précédent disque de Benjamin Alard, consacré aux Sonates en trio pour orgue von das große Kantor von Leipzig (Alpha).

  • Canzona, canzona
    31
    déc
    2010
    Canzona, canzona

    Trabaci, un nom qui sonne comme l'appellation sucrée d'une ville d'Italie, alors que les premières notes d'une Gagliarda énergique et souriante font songer irrésistiblement à du Frescobaldi sous le toucher coloré et ductile de Lydia Maria Blank. Trabaci, auteur prolifique célèbre à l'époque pour sa musique pour clavier, et dont la jeunesse reste nimbée de mystère, Trabaci enfin organiste de l'Oratorio dei Filippini, puis de la Chapelle des Vice-Rois de Naples.

  • « Pour vos beaux yeux, Iris, mon amour est extrême »

    L'onde est sombre et frémissante, sensible à chaque souffle, chaque vaguelette, chaque inflexion, déroulant La Pompe funèbre avec une ampleur douloureuse qui contraste avec la vive Fuguette innocente et souriante qui la précède. Et derrière cette description les lecteurs avertis auront d'ors et déjà reconnu les mouvements de la 2nde suite de violes de Couperin...

  • « Montre-toi plus humain que critique ; et ainsi tes plaisirs en seront plus grands » (D. Scarlatti, Préface des Essercizi per gravicembalo)

    K119. Ce n'est pas encore le matricule de l'épopée dangereuse d'un sous-marin soviétique en perdition sous les pôles, mais une aventure tout aussi périlleuse dans les méandres scarlattiens. C'est sans compter l'énergie et la fantaisie de Bertrand Cuiller, qui se lance avec délectation dans l'écriture variée et imprévisible du compositeur, aidé en cela par le Bel Italien de Philippe Humeau, un clavecin coloré, résonnant, aux graves ventrus.

  • Une folle envie de découvrir

    A la fin du XVIIe siècle, un orphelin d’une dizaine d’années chaparde des partitions…, non ce début n’est pas celui d’un roman de Dickens, mais une histoire véridique qui en dit long sur le tout jeune Jean-Sébastien Bach. Confié à son frère ainé à la mort de ses parents, le tout jeune garçon remarque un livre dans la bibliothèque de son frère contenant des œuvres de Froberger, Kerll ou Pachelbel.

  • L’agaçante Pantomime

    Nos lecteurs les plus assidus (et nous savons que vous existez) auront remarqué les délais impressionnants dans la parution d’ycelle critique. Votre serviteur, dont la fidélité et la dévotion à votre égard est, malgré ces apparences, inchangée, se doit d’alléguer plein de justifications si peu intéressantes qu’il ne le fera pas ici. Toutefois, il faut aussi avouer que la jaquette du disque ornée de la figure d'un Pierrot au teint devenu bien trop pastel par des retouches excessives ne pouvait que le faire frémir d’effroi.