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  • « Rien d’impossible à un homme qui veut travailler » (Brossard, Charpentiers – Les Voyageurs, Alexis Knaus)

    Revendiquant son extraction normande, l’ensemble Les Voyageurs a voulu honorer sa terre d’attache en consacrant son premier enregistrement à Sébastien de Brossard, originaire de Dompierre. L’ambition de faire entendre les compositions de cet homme avant tout connu pour son Grand Dictionnaire de Musique est louable, autant que celle de mettre au jour un Miserere peu connu de Marc-Antoine Charpentier.

  • Les Preuses (Judith & Esther – Fioretti, Fuoco E Cenere, Bernfeld – Cordes & Ames)

    Qui de mieux que l’insigne Christine de Pisan pour introduire ce récital. Cet extrait du « Ditié de Jehanne d’Arc » (1429) est le dernier opus de la femme de lettres, puisqu’elle mourut en 1430. Christine de Pisan fut une femme d’exception dans un temps de troubles et de peurs.

  • Publié dans : CD / DVD - Critiques - Récital
    Keep calm (A Purcell Collection – Voces 8, Les Inventions – Signum)

    Votre appréciation de cet enregistrement dépendra fortement de votre penchant pour les capes des Horse Guards et le thé Earl Grey. Car disons-le tout net, l'esthétique musicale du projet est discutable et ne nous a guère convaincus. Pourtant, l'intention était louable quoique brouillonne

  • Compositions assassines

    La folie meurtrière de Carlo Gesualdo est aujourd'hui bien connue. Le compositeur assassin reste malgré tout une figure à part, un personnage exotique et isolé. S'il avait été peintre, architecte ou dramaturge, Gesualdo aurait certainement enfreint les codes et conventions de l'époque avec autant d'empressement qu'il ne l'a fait en musique.

  • Ceci n’est pas une cantate (bis)

    Malgré tout le bien que nous pensons de cette réalisation, qui adopte une vision lumineuse et sereine, doublée d'une clarté des lignes de Pulcinella qui n'est pas sans rappeler les enregistrements de Christophe Coin, nous devons hélas être cohérents avec nos convictions, que certains trouveront extrêmes…

  • Le trou de serrure

    La musique pour consort de violes comme celle des lute songs ne relevaient pas, dans l’Angleterre du XVIe et du début du XVIIe siècle, du concert mais plutôt de la pratique musicale privée. C’est ce que rappelle Richard L. Smith au début du texte qui accompagne ce disque...

  • Une once de déception

    Depuis ses tout premiers enregistrements, la Rêveuse n'a cessé de nous enchanter. Avec infiniment de finesse, de recherche et d'élégance, l'ensemble propose à chaque fois de véritables bijoux, résultats d'un travail minutieux et scrupuleux, au plus proche de la musique vraie.

  • Ceci n’est pas une cantate

    Rarement un enregistrement aura été aussi irritant. Irritant, parce qu'il recèle de très belles pages, et que ce florilège de sinfonias ou d'airs extraits de l'œuvre religieuse de Bach s'avère relativement agréable à l'écoute, avec un orchestre coloré et vif, doté de cordes nerveuses, accompagnant avec grâce la prestation superlative de Nathalie Stuztmann, au timbre velouté, plein, cuivré, d'une souplesse combinée à un sens théâtral affirmé.

  • Tristes apprêts
    15
    déc
    2012
    Publié dans : CD / DVD - Critiques - Opéra
    Tristes apprêts

    Enregistrer en concert une œuvre telle que Naïs est un pari bien risqué. La partition est hérissé de difficultés pour toutes les parties — aussi bien pour les solistes que pour l’orchestre et le chœur — et le livret est, disons-le, aussi inintéressant que possible. Non seulement la situation est quelconque et l’issue prévisible — Neptune aime Naïs qui ne sait pas que c’est à Neptune qu’elle a affaire —, mais de plus la façon même dont l’opéra se terminera est connue d’avance...

  • Publié dans : CD / DVD - Critiques - Récital
    « Les hommes rêvent du retour plus que du départ. » (Paulo Coelho)

    Alors que la maison de Pietro Trapassi dit Métastasio au cœur de Rome tombe en lambeaux sous le poids de l'oubli général, sort dans les bacs un recueil musical qui réunit trois compositeurs napolitains dont deux furent de ses plus grands orfèvres : Porpora et Leo.

  • "Ich habe genug"
    31
    déc
    2010
    Publié dans : CD / DVD - Critiques - Récital
    "Ich habe genug"

    La ravissante Hilary Hahn s'était déjà illustrée chez Bach dans quelques périlleuses Sonates et Partitas (Sony), qui bien que stylistiquement hors-ton pour nos baroqueuses exigences, s'étaient avérées tout à fait convaincantes. Hélas, cette nouvelle parution, récital d'airs issus de cantates sacrées et profanes, de la Messe en si et de la Passion selon Saint-Mathieu se révèle de ces enregistrements sur lesquels l'on préfèrera ne pas s'attarder.

  • Exquis, mais un peu creux

    L'adagio de la sonate RV 53 qui ouvre le disque laisse entrevoir des promesses qui ne sont que partiellement tenues. Le hautbois virtuose et très grainé de Paul Goodwin sculpte chaque note sur un motif de basse martelé avec vigueur, accentuant avec franchise l'acuité d'un drame qui guette chaque mesure, et où la tension d'un ciel d'orage est palpable.

  • Déception
    3
    mai
    2010
    Déception

    Ce disque historique regroupe deux enregistrements bien distincts consacrés tous deux aux cantates italiennes pour alto du début du XVIIIème siècle. Hélas, l’on aura connu des mets jacobsiens bien plus digestes.

  • Publié dans : CD / DVD - Critiques - Opéra
    Malgoire, amour et beauté

    Les enregistrements de Campra sont peu nombreux, surtout en ce qui concerne les œuvres scéniques ; ce n’est donc pas le moindre mérite de ce coffret de figurer parmi les trois seuls existants, malgré quelques coupures dont la plus gênante a été pratiquée dans le prologue...

  • Publié dans : CD / DVD - Critiques - Récital
    Les fruits de la Passion

    Après un premier volume consacré aux héroïnes d’opéras de Lully à Gluck (Virgin, 2006), encadré par les deux Armide, Véronique Gens revient nous proposer ses tragédiennes dans un nouveau programme consacré à la période suivante : de Rameau à Berlioz. Dès l’abord, on peut s’interroger sur la pertinence de relier Rameau à Berlioz, quand celui-ci renvoie plus volontiers à Gluck.

  • « …ainsi éviteras-tu qu’à la disgrâce s’ajoute le sarcasme » (attribué au Cardinal Mazarin)

    Le Moyen-âge reste pour la plupart le reflet distant d'une époque obscure et lointaine, peuplée de dragons cracheurs de feu, de châteaux forts balayés de courants d'air et de moines tonsurés. Vêtus d'une grosse bure, on se les imagine penchés durant toute la journée sur de vieux manuscrits qu'ils recopient pieusement afin d'en assurer la perpétuation.

  • Suites et fin
    31
    déc
    2009
    Suites et fin

    Nous avions déjà évoqué le mois dernier le génie indescriptible du Kantor, et combien il était difficile de l’appréhender pour le mieux faire apparaître, et ce mois-ci, force nous est de le constater à nouveau. Tout le monde s’est toujours emparé de ses suites pour violoncelle seul, des interprètes les plus baroques (Bylsma, Ter Linden, Cocset, Pandolfo...) aux plus modernes...

  • « Doch wer hört ihre Stimme nicht ? » (Psaume 19)

    Voici un programme intime et relativement délaissé que nous proposent Sébastien Amadieu et Hervé Lamy avec la redécouverte de quelques-uns des 300 Lieder Sacrés de CPE Bach, publiés dans les recueils de 1758, 1774 et 1780. Les notes de programme de Sylvie Le Moël, riches et concises retracent ainsi l'évolution du genre du Lied en ces temps d'Empfindsamkeit.

  • "Enfin un disque de musique pour luth !"

    .. s’écriait votre valeureux serviteur, qui n’attendait que cela depuis des lustres fort longs, à l’annonce des critiques à se partager en début du mois. Inutile de préciser sa hâte, ni son empressement lorsqu’il le reçut quelques jours plus tard, le gavant tout aussi net à son non moins valeureux iPod®, pour se précipiter dans une écoute presque frénétique...

  • Décoratif…
    31
    déc
    2009
    Publié dans : CD / DVD - Critiques - Opéra
    Décoratif…

    Pour le passionné de musique baroque, ce DVD est la conjonction de deux promesses : le livret de l'Olimpiade de Pietro Metastasio, l'un de ces serpents de mer que la plupart des compositeurs ont mis en musique, et un lieu mythique, tel le Teatro Malibran de Venise, anciennement Teatro San Giovanni Grisostomo, la salle la plus célèbre de la Lagune et d'Europe quand le baroque régnait sur les esprits.

  • Une douleur exquise

    L'Histoire de la musique se souvient assez souvent des coups d'éclat de ses fils les plus chers. Qui pourrait de nos jours soumettre au triste faux de l'oubli les partitions du Requiem de Mozart, des opéras de Haendel ou bien des Symphonies de Haydn.

  • « Trompettes de la Renommée, vous êtes bien mal embouchées »

    Les airs pour soprano et trompette de cette fin de Grand Siècle n'ont guère eu de bonheur au disque. Judith Nelson en avait fait l'amère expérience voici déjà plus d'une dizaine d'années (Harmonia Mundi). D'une écriture légère et virtuose, ces pièces font appel à un effectif réduit, où l'essentiel se ramène à un impressionnant dialogue entre la voix et le martial instrument.

  • Que d’eau, que d’eau !

    On est toujours particulièrement exigeants avec les "tubes". L'oreille, gorgée de références discographiques, de souvenirs de concerts, espère les délices d'une compagnie originale, personnelle, différente.

  • Publié dans : CD / DVD - Critiques - Opéra
    Beaucoup de bruit pour rien

    Voici le premier DVD de cet opéra phare d'Haendel interprété sur instruments d'époque. Hélas cette gravure s'avère en tous points décevante, qu'il s'agisse d'une mise en scène plus banale que crépusculaire, d'un orchestre peu impliqué, et enfin de prestations vocales honnêtes mais sans éclat.

  • Vous avez du feu ?

    Voici un enregistrement léger comme une bulle de champagne, et à la lisière du baroque et du classique. La basse continue est encore là, mais la simplicité mélodique, les crescendos, le côté galant et dépourvu de toute pompe nous rappelle que les perruques in-folio sont remisées au placard, que les femmes reçoivent en déshabillé, que les longues traînes des robes à la françaises se font encombrantes.

  • Publié dans : CD / DVD - Critiques - Récital
    Une soirée avec Barbara

    L'initiative est généreuse. Sur les pas de Radiohead, la soprano propose aux internautes de télécharger légalement son disque et de fixer eux-mêmes le prix qu'ils désirent payer. Le programme est généreux, alternant savamment de touchants airs anglais de Purcell, et les grands tubes de Haendel.

  • Eh oui ? ENO.
    9
    sept
    2007
    Publié dans : CD / DVD - Critiques - Opéra
    Eh oui ? ENO.

    Après le superbe Giulio Cesare de Glyndebourne 2005 (Opus Arte), nous avions commencé à exhumer d'autres captations video dont l'honorable Hickox (Euro Arts). Quelle ne fut pas notre surprise de voir à plusieurs reprises mentionnée dans nos courriers d'électeurs (de Bavière) cette réalisation historique de l'ENO à laquelle il faut rendre justice...

  • Pendez l’ingénieur du son !

    Paolo Pandolfo est un grand gambiste. Son intégrale des suites de Forqueray ou sa transcription de celles pour violoncelle de Bach chez Glossa nous l'ont amplement prouvé. Pourtant, cet enregistrement constitue un beau gâchis de talents. En effet, l'ingénieur du son, fan inconditionnel du toucher de Rinaldo Alessandrini (excellent claveciniste par ailleurs), a décidé de transformer le disque en récital soliste...

  • Publié dans : CD / DVD - Critiques - Opéra
    Malgoire revisite l’opéra comique selon Händel

    Le voici donc, ce Serse que tout le monde connaît grâce à son arioso Ombra Mai Fu, magnifique déclaration d'amour d'un monarque persan à un platane (!). Le livret est plus que brouillon, grouillant de situations plus invraisemblables les unes que les autres, de rebondissements en tout genre, de quiproquos complexes.

  • Moi, j’ai dit « bizarre » ? Comme c’est bizarre…

    D'abord, une exécution du Stabat Mater de Pergolèse avec un contre-ténor et un enfant soprano n'a aucune réalité historique. Ensuite, pourquoi diantre accumuler les difficultés de tessitures pour les deux chanteurs ? Pour le panache ? Pour la musique ? Pour l'aventure ?

  • Publié dans : CD / DVD - Critiques
    Petit prix, grosse perruque

    Depuis le 31 août, Brilliant Classics a lancé son nouveau bolide : après l'éclatante Ferrari rouge vif de Mozart, voici un nouveau coffret Bach, le précédent étant passé quasi inaperçu. Quelques enregistrements ont été changés, afin de rassembler plus d'interprétations sur instruments d'époque...

  • Une rareté peu convaincante

    Pour une rareté, c'en est une ! Un vieil enregistrement de 1973, le premier de cette œuvre des années 1680 où l'oratorio balbutiant hérite du recitar cantando monteverdien et des histoires sacrées de Schütz. L'orchestre de Louis Devos patauge, sa sonorité ample et tremblotante a le charme des débutantes ne sachant pas encore valser. Peut-être même les cordes sont-elles modernes. Au milieu de cet océan capté avec un souffle digne des enregistrements historiques salzbourgeois des années 30 surnage l'Evangéliste de Louis Devos.

  • Publié dans : CD / DVD - Critiques - Opéra
    Christie vs. Hogwood pour un Orlando élégiaque

    Orlando est assurément l'un des opéras les plus originaux de Händel. Le livret, tiré du Roland Furieux de l'Arioste, sera bientôt suivi par 2 autres volets tout aussi réussis : Ariodante et Alcina. Orlando relate l'histoire classique du preux paladin Roland passionnément épris de la reine Angélique.

  • Mettez la guitare en batterie !

    Voici ce qui reste de l'intégrale des œuvres pour guitare de Robert de Visée publiée autrefois sur 33 tours : une brève sélection d'à peine une heure, seule jugée digne de passer au CD. Et pour une fois, le plus n'est pas forcément le mieux.

  • Hautes terres, morne plaine

    Suffit-il d'une poignée de très excellents solistes, d'instruments on ne peut plus authentiques (la plupart des originaux dont le pedigree est soigneusement noté dans le livret) et d'un célèbre compositeur pour faire un bon disque ?

  • Publié dans : CD / DVD - Critiques - Opéra
    Le premier opéra londonien de Händel

    En 1710, Händel prend congé de l'Electeur de Hanovre et part à Londres où des propositions lui avaient été offertes. Pour son premier opéra londonien, Händel prépare une œuvre à grand spectacle : la riche orchestration, les airs enlevés et le recours à de nombreuses machineries doivent éblouir le public anglais.