Close

Travaux en cours

Publié dans : Actualités - Edito
1 avril, 2011

Lubin Baugin, Nature morte. Paris, Musée du Louvre. D.R.

Chers Amis et lecteurs,

Vous êtes de plus en plus nombreux sur ces pages, et nous dépassons désormais les 45 000 visiteurs mensuels. Cette volumétrie, largement supérieure à la force de projection actuelle de notre glorieuse armée au Moyen-Orient, de même que les vœux formulés par les lecteurs fidèles nous conduisent à mettre en œuvre des réformes structurantes, tournées vers l’avenir sans renier le passé dont il est l’héritier. Car en effet, pourquoi une revue devrait-elle se limiter à la musique et aux arts baroques ? N’est-ce pas faire preuve de sectarisme austère, d’œillères d’acier, de confinement transi voire d’une malsaine nostalgie ?

Nous avons donc décidé, en concertation avec toutes les parties concernées, et dans une logique inédite de partenariat avec le Musée de la Pêche et les magasins Mark & Spencer d’ouvrir la revue à d’autres sujets d’actualité internationale brûlante telles la mode aquatique (maillots, snorkel, relooking de sous-marins) et la pratique sportive du vélo dans la Drôme. Ce choix, nous l’assumons. Car c’est celui du long terme et de la véritable connaissance. Loin des trompeuses sirènes, Médée, Circé et autres Armide, cette re-orientation garantira la pérennité et le financement du site dont la sobriété confine à l’indigence. Grâce aux caleçons Villehardouin, et à des pop-up clignotants présentant les dernières collections d’été, nous serons à même de vous offrir un contenu objectif, d’une impartialité intransigeante enchâssé dans le nec plus ultra de la cyberbéatitude.

Grâce aux confitures Madame de Maintenant et aux jeux vidéos « Réformés & Dragons », nous métamorphoserons les longs sommaires d’articles dignes de listes d’admission au baccalauréat, en quizz clignotant avec à la clé pour les heureux gagnants un séjour dans les Cévennes circuit « révocation de l’Edit de Nantes » ou vers le Nord avec « Traversée du gué hollandais ».

La longueur des articles rebutent certains d’entre vous, habitués à « Twitter » ou aux dépêches AFP ? Nous interdirons désormais tout autre langage hormis le style S. Hémesse, et les capitales Smaye-Lee, et abdiquons nos prétentions élitistes d’un respect servile aux lois orthographiques dictées par un pouvoir post-richelieuen inique. (Signer d’ailleurs nos pétitions « Brûlons Furetières », « L’Académie aux orties » ou « l’Hôtel de la Marine doit devenir un spa conformément à sa destination originelle »).

Mais que serait une revue sans illustrations ? L’iconographie n’est-elle pas essentielle à la connaissance, comme le montrent avec brio les spirales de la colonne Trajane, les planches de l’Encyclopédie ou encore Boulle & William ? Il est temps d’évacuer l’accessoire du mot et de replacer l’image au centre de notre mission, de conserver le texte – révisé selon le mode supra – comme un mini-cartouche planté sur la voûte de la Galerie des Glaces. Nous avons d’ores et déjà engagés des ex-photographes amateurs d’Entrejambes et Paris Tennis en vue de faire de cette vision une réalité.

Mais ce long éditorial d’avril contrevient à nos nouvelles directives de brièveté et de concision, et nous vous laissons donc, admiratifs et perplexes devant notre courage éditorial, dans l’attente de la phase 2 de notre Plan de Restructuration Baroque Plurimensuel (Planrebaplu).

Viet-Linh Nguyen