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Un annuaire daté mais indispensable aux discophiles

1 novembre, 2007

Guide de la Musique ancienne et Baroque

Diapason

Sous la direction d’Ivan A. Alexandre, Coll. Bouquins,

Robert Laffont, 1993, 366 p.

© Robert Laffont

Ce gros livre est désormais de nouveau disponible, après avoir été épuisé pendant longtemps. Malheureusement, il n’a pas été mis à jour et les enregistrements recensés vont seulement jusqu’en 1992, ce qui représente un handicap important quand on sait la vitalité de la production discographique baroque de ces dix dernières années.

Mais commençons au commencement. Vous avez sans doute déjà vu un annuaire téléphonique, quoique cette espèce soit en voie de disparition dans sa version papier. Ici, c’est un peu la même chose. L’équipe de Diapason a réussi le tour de force de dresser une liste quasi-exhaustive des enregistrements de musique ancienne et baroque, des années 50 à 1992. Ces derniers sont classés par compositeur, puis par genre, et enfin par ordre de préférence. Pour chaque référence, un court commentaire décrit les lacunes, souligne les points forts. Dans l’ensemble, les choix sont pertinents, et la compilation considérable, véritable archive des versions historiques ou rares.

Cependant, nous ne conseillons cet ouvrage qu’aux discophiles avertis, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, comme nous l’avons déjà souligné, en 15 ans, la production d’enregistrements de musique baroque a explosé, et les connaissances musicologiques ont singulièrement évolué. Les disques décrits comme « premier choix » dans ce guide ont souvent été dépassés depuis. De plus, les références listées sont souvent très difficile à trouver, épuisées ou éditées auprès de petits labels. Vous avez toutes les chances de ne pas les apercevoir chez votre disquaire habituel. Enfin, comme nous-mêmes, les critiques ont assez souvent un biais favorable pour les versions pionnières historiques, d’autant plus qu’une partie du livre se compose de résumé de critiques anciennes déjà parues précédemment. Ainsi pour les trois opéras de Monteverdi, c’est la trilogie Harnoncourt des années 70 qui trône. Pour l’Art du Clavecin de Bach, c’est Ralph Kirkpatrick sur clavicorde en 1955 ! Ces choix de connaisseurs risquent donc d’en décevoir plus d’un.

En bref, il s’agit d’un ouvrage utile, unique en son genre, mais dangereux pour les nerfs et le porte-monnaie et à mettre seulement entre des mains expertes. A quand un volume 2 couvrant la période 1993-2007 ?

Katarina