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Un archet bondissant

Muse5
27 février, 2007

Jean-Sébastien BACH (1685-1750)

Concertos pour violon BWV 1041, 1042, 1043, 1060

 

Andrew Manze (violon et direction), Rachal Podger (2ème violon)
The Academy of Ancient Music

Harmonia Mundi, enr. 1996

Oui, on les a entendu mille fois, ces concertos pour violons de Bach. 1043, le concerto pour 2 violons, 1041 et 1042, les deux autres concertos pour violon seul. Ah, 1060 ? Il s’agit de la reconstitution hasardeuse d’une œuvre disparue que l’on connaît par sa transcription pour clavecin. De quoi remplir décemment le timing du disque.

Je pose le galette resplendissante sur la platine, pousse le petit bouton. Les premières notes s’égrènent… à une vitesse folle. « C’est Vivaldi ? » demande ma petite sœur, médusée. Good Lord ! Andrew Manze n’y va pas avec le dos de la cuillère avec un orchestre qui sonne très ample, et un archet qui poursuit irrémédiablement sa course effrénée. Rachel Podger donne la réplique avec brio, les deux violons possèdent des timbres assez proches, et sonnent étonnamment justes, sans le côté grinçant des instruments anciens. Est-il besoin de préciser que la technique de nos duellistes est irréprochable ? Ouf ! Voilà l’ébouriffant Vivace terminé. Et l’on s’attend à un confortable Largo. Erreur fatale ! C’était oublier le goût immodéré de Manze pour l’improvisation et les ornements. Le reste du disque est à l’avenant : le geste est vif et enlevé, les mouvements rapides très rapides, les mouvements lents surchargés de fioritures. L’ensemble est cependant très rafraîchissant, d’une joyeuse légèreté, à défaut d’être profond. Ceux qui chercheront une lecture plus équilibrée se tourneront plutôt vers le lumineux Ton Koopman (Erato). 

Armance d’Esparre

Technique : Bon enregistrement avec les solistes très à leur avantage.