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Un Bach dansant

Museor
27 février, 2006

Jean-Sébastien BACH (1685-1750)

L’œuvre de luth

 

Hopkinson Smith (luth à 13 choeurs)

Naïve, enr. 1981, 1982, 1987.


Bach n’était pas très au point sur le luth. Voilà qui peut paraître choquant. C’est ainsi. Tous les luthistes savent combien ces suites, préludes et partitas sont difficiles à jouer, non seulement en raison de leur virtuosité mais de passages impossibles techniquement à jouer. D’ailleurs, il est très probable que toutes ces pièces aient été destinées à un clavecin-luth (Bach en possédait deux). Les luthistes ont donné des visions très différentes de ces partitions : Lutz Kirchhoff (Sony) était d’une perfection qui confinait à l’ennui aseptisé, Jakob Lindberg (Bis) privilégiait une transparence et une lisibilité rarement vue depuis le regretté Eugen M. Dombois. Hopkinson Smith, quant à lui, veut nous faire partager un Bach relaxé, naturel et dansant. Sa lecture, toute solaire, coule de source. Le contrepoint est parfois minimisé au profit de l’expressivité mélodique, la lecture est plus poétique que savante, d’une spontanéité factice. Et n’est-ce pas un exploit que ses œuvres aient l’air si facile sous ses doigts ?

Sébastien Holzbauer

Technique : prise de son assez aérée, bruits mécaniques (doigts glissants sur la touche) présents.