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Un Berger fidèle

Publié dans : Concerts - Critiques - Festivals
1 février, 2013

« L’Apothéose de Couperin et de Rameau »

Œuvres de Rameau & Couperin
Ricercar Consort, Céline Scheen (soprano), dir. et viole de gambe Philippe Pierlot

Céline Scheen – DR

 

Vendredi 1er février, 21h15 (dans le cadre de la Folle Journée 2013)

Le Ricercar Consort proposait un programme majoritairement ramiste, augmenté de quelques pièces chambristes de François Couperin — La Française des Nations et la Passacaille du Deuxième Ordre des Nations. Évoquant plus complètement le talent de Rameau, le programme allait d’extraits de deux cantates, Le Berger fidèle et L’Impatience aux célèbres Sauvages extraits des Indes galantes, en passant par la musique de chambre avec La Timide et les Tambourins du Troisième concert des Pièces de clavecin en concert.

À propos des extraits de cantates, nous devons exprimer quelques réserves à l’endroit de Céline Scheen. Si la voix est belle et agréable autant qu’agile, l’élocution n’est pas toujours claire et elle semble souvent se relâcher. Les expressions sont peu variées — quoique bien choisies : elles collent en fait à l’ensemble d’un mouvement, d’un air, plus qu’au détail de son déroulement… Cela fonctionne néanmoins extrêmement bien pour l’Air plaintif du Berger fidèle, dont elle fait un personnage doux et résigné — ce qui nous semble exact puisqu’il ne se révolte qu’ensuite contre les arrêts du destin.

À ces côtés, le Ricercar est un partenaire de choix, qui l’accompagne parfaitement. La basse de viole, tenue par Philippe Pierlot, est agile et fine — il n’en faut pas moins pour la partie de basse de l’Air gai de la cantate L’Impatience. De telles qualités font merveilles dans les Pièces de clavecin en concert, dont la partie de viole est redoutable — Philippe Pierlot s’en tire avec tous les honneurs, assurant à la fois une technique exemplaire et une musicalité sans tapages de très bon goût.

Les deux flûtes — Marc Hantaï et Yfen Chen — sonnent toujours merveilleusement, et il est heureux qu’elles aient l’occasion de moments de duo. Quand elles se joignent aux deux violons — Sophie Gent et Tuomo Suni —, l’effet est celui d’un petit ensemble tout en finesse et en délicatesse. Il faut faire une mention spéciale de Sophie Gent qui a su animer les variations sur Les Sauvages — ce sont celles écrites par Corrette pour l’un de ses Concertos comiques —  avec aplomb et panache.

Loïc Chahine

Vers le sommaire de la Folle Journée 2013