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Une flûte de champagne pétillante à souhait

Muse5
18 mai, 2004

Georg-Frederic HAENDEL (1785-1759)

Sonates pour flûte HWV 362, HWV 369, HWV 365, HWV 367a, HWV 377, HWV 360

 

Dan Laurin (flûte à bec), Hidemi Suzuki (violoncelle), Masaaki Suzuki (clavecin et orgue de chambre).

BIS, 1999 (reed. sous fourreau 2003).

Les sonates pour flûtes de Händel sont parmi les œuvres instrumentales les plus populaires du compositeur, aux côtés de sa Water Music ou de ses concertos pour orgue. On ne reviendra donc pas sur l’originalité des morceaux, l’habileté mélodique digne des grands tubes opératiques genre « cara sposa » ou « lascia la spina ». En revanche, il faut souligner l’importance de la basse continue, jamais simple support mais véritable complice qui transforme par moment ses œuvres en véritables sonates en trio. 

Dan Laurin est époustouflant de virtuosité naturelle à la flûte à bec, même si certains fans de Frans Bruggen seront peut-être réticents devant des aigus trop aériens. Les deux Suzuki sont excellents (comment pourraient-ils ne pas l’être avec des maîtres comme Ton Koopman ou Anner Bylsma ?) et l’emploi d’un orgue positif à la place du clavecin introduit une douceur qui n’est pas sans rappeler les sonates d’église. Le continuo est vif, intelligent, réactif. A découvrir d’urgence sans pour autant oublier les autres versions disponibles.

Alexandre Barrère

Autres enregistrements : l’indétrônable Marion Verbruggen, Ton Koopman, Jaap ter Linden (Harmonia Mundi) ressemble assez à la version Laurin dans l’ensemble, avec le touché plus velouté de la flûtiste. Plus ancien mais tout aussi recommandable malgré des sonorités un peu grinçantes, l’historique Bruggen (Seon/Sony).

Technique : bon enregistrement avec une flûte à bec très ronde, un violoncelle grainé et un clavecin dynamique. Equilibre d’ensemble remarquable.