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Venise sous la pluie…

Museor
17 juillet, 2006

Antonio VIVALDI (1678-1741)

Sonates pour violoncelle seul


Bruno Cocset (violoncelle)
Les Basses Réunies.

Alpha 092, 71’46, enr. 1998. 

Certes, nous avons tous déjà entendu ces admirables sonates des milliers de fois, mais cet enregistrement apporte deux plaisirs nouveaux : d’abord, les sources manuscrites utilisées pour cet enregistrement proviennent de la Bibliothèque du Comte de Schönborn, du Conservatoire de Naples et de notre BN parisienne : certains passages divergent donc légèrement des versions traditionnelles. Ensuite, Bruno Cocset a mis toute son âme dans cet enregistrement que l’ingénieur du son Nicolas Bartholomée a capté avec son talent habituel.

Parfois élégiaque et songeur, souvent emporté mais sans brutalité, le violoncelle de Bruno Cocset devient un véritable interlocuteur avec lequel l’auditeur engage une conversation intime et amicale, assis au coin du feu alors que les reflets de l’âtre illuminent la pièce d’une lueur tremblotante. Bien que techniquement parfait, l’archet semble improviser, hésiter, se lancer enfin dans une confidence comme dans le murmure du prélude de la sonate en si bémol majeur. Pour la première fois, il y a chez Vivaldi un soupçon de mélancolie nostalgique à la Couperin ; un orage qui gronde et chasse les amoureux de la Place Saint-Marc. Soudain, le prêtre roux n’est plus ce prélat de cour s’ébattant avec ses jeunes pensionnaires et devient homme angoissé et qui s’interroge. Et lorsque l’Allegro de la sonate en la mineur retentit, on a l’impression que le musicien tente de se convaincre lui-même que le soleil italien chasse tous les soucis…

Viet-Linh Nguyen


Technique : 
Prise de son chaude et proche, avec un bel équilibre entre le soliste et le continuo. Un modèle du genre.