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Exquis, mais un peu creux

Muse3
29 septembre, 2010

Antonio VIVALDI (1678-1741)

Sonates pour hautbois RV 53, 58, 59, 81, 779


Paul Goodwin (hautbois), Gail Hennesey (hautbois), John Holloway (violon), Nigel North (archiluth et guitare), Susan Sheppard, (violoncelle), John Toll (clavecin).

50′, Harmonia Mundi USA. 

L’adagio de la sonate RV 53 qui ouvre le disque laisse entrevoir des promesses qui ne sont que partiellement tenues. Le hautbois virtuose et très grainé de Paul Goodwin sculpte chaque note sur un motif de basse martelé avec vigueur, accentuant avec franchise l’acuité d’un drame qui guette chaque mesure, et où la tension d’un ciel d’orage est palpable. Hélas, une fois la robe de soie enlevée, la princesse n’est plus aussi désirable. Car le reste de l’enregistrement ne procurera jamais d’autre moment d’émotion. La poésie semble étrangement absente de cette lecture enlevée et franche, pour ne pas dire brute.
Et pourtant, il n’y a techniquement rien à redire de l’interprétation : les attaques sont précises, l’alchimie entre les instrumentistes certaine, les tempi contrastés quoiqu’un peu trop rapides. Mais il y a là une certaine uniformité décorative, à la fois dans la mélodie, et la pulsation interne des pièces (cette même manière qu’a Goodwin d’accentuer les temps forts, et d’articuler les arpèges par exemples) qui fait que… l’on a l’impression d’écouter la même sonate en boucle. Cette critique est aisée, et même à l’époque certaines mauvaises langues prétendaient que le Prêtre Roux avait composé 200 fois le même concerto. Ce n’est évidemment pas le cas, mais ce n’est pas cet enregistrement-ci qui parviendra à vous convaincre du contraire. A noter toutefois : il semblerait que ce genre de morceaux plaise particulièrement aux jeunes filles qui les trouve « d’un naturel charmant et gracieux ».

Sébastien Holzbauer


Technique :
 excellent prise de son pour le hautbois parfaitement rendu. Le clavecin est peut-être légèrement enregistré trop près.